28.4.12

Amélie, restauratrice de tableaux, passionnée d'art, de chimie et de déco

Amélie dans son atelier de Crémarest. Auparavant, elle a travaillé 5 ans en Belgique, près de Mons. PHOTO « LA VOIX »
Restauratrice de tableaux, Amélie Bauvin vient d'ouvrir un atelier à Crémarest. Passionnée par son métier, cette jeune femme souhaite aussi ouvrir un magasin à Boulogne. 

Son vrai atelier - dans lequel elle a oeuvré pendant 5 ans - se trouve encore en Belgique, mais Amélie Bauvin, 27 ans, dispose tout de même déjà d'un atelier provisoire à Crémarest, joli village où elle a rejoint il y a 4 mois son compagnon français, designer et ébéniste. C'est un petit cocon aménagé sous le toît d'une maison blottie dans la verdure. Un endroit calme garni de pots remplis de poudres de différentes couleurs, de flacons de vernis, d'outils parfois étonnants. Scalpels de dentistes, spatules, piques à brochettes revêtus de ouate...
Après avoir décroché un diplôme spécialisé à l'école Saint-Luc de Tournai, complété par plusieurs stages et formations, notre jeune Belge s'est installée en libérale indépendante près de Mons il y a 5 ans. « Je suis devenue restauratrice par passion pour les objets anciens, sourit-elle, et j'avais envie d'études qui mélangent les arts et la science. ». Solvants, pigments.. : le métier requiert en effet une bonne connaissance de la chimie. Amélie adore aussi l'idée de « transmettre aux générations futures », de « retracer le pedigree d'un tableau », de sauver des oeuvres « alors qu'on vit dans une société dans laquelle on jette tout ». Et bien sûr celle de rendre aux toiles une lisibilité perdue au fil du temps. Vernis oxydés, déchirures, encrassements...
A voir les nombreux tableaux en cours de restauration dans son bureau, la jeune restauratrice ne manque pas de travail. Elle poursuit en effet des chantiers dans des églises belges (conservation de boiseries d'autels, de confessionnaux, et bientôt peinture murale...), et officie toujours outre-Quiévrain, pour plusieurs musées. Amélie désigne plusieurs tableaux : bouquet de fleurs, paysage de bord de mer, marine du peintre Outer, bien connu en Belgique. « Je restaure avec autant de plaisir ceux qui ont juste une valeur sentimentale ! » précise celle qui tente de se constituer peu à peu une clientèle française, notamment lilloise. 
Un métier dangereux
« J'ai par exemple un trumeau de cheminée à faire ». Une petite scène romantique à la Watteau avec bergère courtisée. « Il faudra refixer la couche picturale qui s'écaille, désencrasser la suie venue se fixer dans la peinture, puis dévernir le vernis oxydé pour que les couleurs retrouvent leur luminosité. » Ce matin, Amélie a commencé à nettoyer puis refixer les bords d'une toile. Souvent, elle refait aussi les cadres, resculpte les parties manquantes de moulures avec du plâtre. Elle s'attelle aussi à défaire des restaurations réalisées avec de mauvais produits. Ce qui est hélas fréquent.
La clientèle boulonnaise n'est pas encore légion car il existe déjà 4-5 restaurateurs dans les environs. Il faudra du temps...
Demandant patience et minutie, la restauration est aussi un métier dangereux. « On respire énormément de solvants et de produits toxiques » qui s'infiltrent aussi par la peau. Amélie porte donc masque, gants et ventile constamment. Elle compte s'acheter une hotte aspirante. Mais ce n'est pas la panacée. « Je connais plusieurs restaurateurs morts de cancers du poumon à 50 ans ». Ou d'autres qui ont beaucoup perdu de leur capacité respiratoire. A cause de ces perspectives effrayantes, elle a pris la décision de ne pas exercer ce métier à temps plein. En Belgique, elle donne des cours de dessin pour les petits et anime des ateliers créatifs. Pourquoi pas en France ? Cet été, elle sera guide pour l'expo « Pompidou Mobile » pendant 3 mois, ce qui lui permettra de voir du monde. La solitude de son métier lui « pèse un peu ». Enfin, elle a, avec son ami, le projet d'ouvrir un magasin de meubles et objets décoratifs ou de créateurs locaux. Elle y installerait également son atelier. Ce serait dans un an, rue Anglaise. •
Amélie Bauvin, Crémarest. Tel. 09 51 15 41 02.www.larestaurationdetableaux.com
PAR EMMANUELLE DUPEUX

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