21.4.12

Art. Camille redonne vie aux joyaux d'Asie

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Camille Schmitt est la première occidentale à avoir été formée à la restauration d'oeuvres dans les murs de la cité interdite, à Pékin. Installée en BretagneNord depuis quatre ans, elle prend en charge, dans son atelier, des joyaux de l'art chinois, japonais, coréen ou vietnamien.


Camille Schmitt a toujours été fascinée par l'Extrême-Orient. «À l'âge de 15 ans, alors que j'habitais Strasbourg, j'ai commencé à apprendre le chinois. À18 ans, je suis partie en Chine. Plus tard, j'ai fait les Langues'O». Elle y décrochera une maîtrise de chinois. Sa passion pour la peinture - un art qu'elle exerce aussi - lui permettra, plus tard, de décrocher un DEA d'histoire de l'art à l'université de Paris IV, section arts d'Extrême-Orient.

Au coeur de la Cité interdite

Le virage est amorcé. Camille suivra cette voie royale qui s'ouvre à elle. Elle vivra quatre ans en Chine. Se formera dans les plus prestigieux ateliers, à Taïwan, Shanghai et Pékin. Dans cette ville, elle sera la première occidentale à intégrer comme stagiaire l'atelier du Musée du Palais, situé au coeur de l'énigmatique Cité interdite. «C'était assez strict. Il fallait être extrêmement ponctuel. Pendant de longues semaines, j'ai cru que je n'y arriverais pas. Le professeur qui m'accompagnait ne me livrait pas tous ses secrets. Et puis un jour, il y a eu le déclic. J'ai été parfaitement intégrée. En fait, il voulait jauger mon intérêt pour ce métier avant de s'engager plus avant». Camille explique aussi que, sans la bourse du ministère français des Affaires étrangères dont elle a bénéficié, les portes de la Cité Interdite ne se seraient pas ouvertes si facilement. «Là-bas, j'ai pu me spécialiser dans le montage et la restauration de rouleaux chinois. Des techniques multiséculaires qui se transmettent de maître à élève». Il faut savoir qu'en Chine, l'intérêt de la préservation et de la restauration des oeuvres est connu depuis le Xesiècle environ. «Alors qu'en Occident, nous n'en avons pris conscience que bien tardivement. Au XIXesiècleseulement».

Habilitation des musées

En 2001, de retour à Paris, la jeune femme ouvre son atelier de restauration. Quelques mois plus tard, elle obtient un doctorat en histoire de l'art. Mais aussi une habilitation auprès des musées de France. Sésame qui lui permet, depuis, de travailler pour le Musée national des arts asiatiques (l'ex-musée Guimet) et le musée Cernuschi, deuxième musée d'art asiatique en France et cinquième musée d'artchinois en Europe. Il y a quatre ans, loin des collections parisiennes, Camille Schmitt a opté pour un atelier plus vaste dans un petit bourg breton. Son métier est extrêmement rare. À sa connaissance, seules trois personnes l'exercent en Europe. En parallèle aux oeuvres majeures et extrêmement précieuses qui lui sont confiées par des musées prestigieux, la jeune femme prend aussi en charge des rouleaux, paravents, broderies, estampes ou éventails détenus par des particuliers. «Pas mal de gens en Bretagne en possèdent. Souvent, ce sont des oeuvres exhumées des greniers, ramenées par quelqu'un de la famille ayant pas mal voyagé. En Indochine en particulier». La restauratrice continue à entretenir le lien extrêmement fort qui la relie à «l'Empire du milieu» où elle se rend tous les deux ans. C'est là qu'elle trouve les matériaux spécifiques qui redonneront une seconde vie aux calligraphies ou aux peintures endommagées. De la soie et du papier bien sûr, mais aussi de la colle de peau de boeuf, du camphre de Bornéo, de l'or, des encres anciennes, des pigments naturels... «Parfois, je suis obligée de trouver un intermédiaire chinois. Car en tant qu'Occidentale, je n'aurais pas accès aux meilleurs produits. Généralement, c'est Cen Delei, un de mes professeurs, installé à Shanghai, qui me donne un coup de main. Il vient aussi chaque année dans mon atelier pendant plusieurssemaines. Son aide m'est précieuse». [TIT-NOTE_B]Pratique [/TIT-NOTE_B]

Camille Schmitt est l'auteur de «La médecine de l'art» (éditions Philippe Piquier, mai2011), issu de sa thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne: «Conservation traditionnelle des peintures chinoises sur papier montées en rouleaux, à partir des textes de la dynastie Ming (1367-1644)». www.silkandpaper-restoration.com

    Didier Déniel

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