12.4.12

Art : des ventes à foison, des résultats au top

©Christie's
Yves Klein,  (Feu-couleur 1 1962» Pigment et résine synthétique sur panneau. Estimation : 30 à 40 millions de dollars. Vente Christie's, New-York, 8 mai 2012
Le marché de l'art se porte comme un charme. Plusieurs ventes et manifestations qui viennent de se dérouler à Paris en apporte la démonstration.

Evoquons tout d'abord le salon du dessin qui s'est tenu à Paris en mars. Dès le soir du vernissage, les pastilles rouges indiquant que les œuvres présentées étaient vendues se sont multipliées sur tous les stands. Ainsi, en une soirée, la galerie Prouté avait vendu 17 dessins dont un Véronèse  « Deux études pour une Madeleine pénitente ». De nombreux dessins d'un prix inférieur, souvent moins de 10 000 euros, ont vite trouvé preneur. Mais les pièces rares, de grands artistes ont également séduit une clientèle d'acheteurs estimant investir à juste titre dans un secteur peu spéculatif et sûr. Ainsi, la galerie bruxelloise Patrick Derom a vendu pour 450 000 euros  « Digue de plage » de  Léon Spilliaert (1881-1946) alors que la galerie Jean-Luc Baroni n'a eu aucun problème à vendre une « scène de plage » de Lucian Freud (1922-2011), pourtant proposée au prix de 4 millions d'euros.
Continuons dans le domaine du dessin. Tout le monde connaît les écrits de Victor Hugo (1802-1885). Ses dessins sont moins célèbres pour le grand public. Pourtant ses châteaux gothiques, ses paysages sombres sont magnifiques. Et les amateurs en raffolent. Alors que le musée Victor Hugo, place des Vosges à Paris, propose une sélection des feuilles du grand écrivain, plusieurs ventes ont provoqué l'hystérie des collectionneurs. Chez Artcurial, « Souvenir de Belgique » un lavis d'encre de Chine, rehauts d'aquarelle et de gouache blanche a réalisé un record mondial de 447 500 euros. Mais il faut aussi évoquer la vente par Christie's de la collection Hugo. Les 411 lots proposés provenaient directement  de Victor Hugo et de ses descendants. Dans une salle archi comble les enchérisseurs de 12 nationalités différentes se sont arraché le moindre témoignage de cette famille unique. 40 dessins de Victor Hugo ont totalisé1 232 375 euros, un record pour un ensemble de dessins de l'écrivain.

©Sotheby's
Antonin Artaud « Autoportrait ». Classé Trésor National. Mine de plomb sur papier, signé et daté 17 décembre 1946. Prix de vente : 2 136 750 euros.

Toujours au rayon des dessins, il faut également signaler chez Sotheby's cette fois, la vente de la collection Florence Loeb qui comportait l'ensemble de dessins d'Antonin Artaud (1896-1946) le plus important en main privées. Son autoportrait, d'une rare intensité, était classé Trésor National et par conséquent interdit de sortie du territoire. Un tel classement a souvent pour effet de diminuer sensiblement la valeur du lot classé. Pour cette œuvre exceptionnelle, l'estimation était donc de 500 000 euros. Le classement n'a eu aucune conséquence. Cet autoportrait  fut disputé par cinq enchérisseurs jusqu'à un million  d'euros avant d'être emporté à 2 136 750 euros par un collectionneur français Marcel Brient. Là encore c'est un record mondial.
Dans un autre genre, revenons sur une vente annoncée sur VotreArgent.fr : celle des 42 toiles d'Henri Martin (1860-1943) de la collection Paul Riff. Le succès a été absolument phénoménal. L'estimation globale était de 1,5 million d'euros. Le résultat est de 4 264 000 euros. La toile « Jeune fille devant le bassin de Marquayrol », estimée 120 000 à 160 000 euros a atteint le record mondial pour l'artiste de 929 400 euros !
Autre domaine, l'art chinois, mêmes effets. Un album Sutra de la perfection de la sagesse calligraphié par l'empereur Qianlong (1736-1795) estimé 500 000 euros  a crevé le plafond pour atteindre 2 040 000 euros.
Enfin, abordons l'art moderne et contemporain. Le 4 avril l'étude Millon vendait un Monogold d'Yves Klein (1928-1962) plus connu pour le bleu emblématique de ses œuvres. Ce tableau estimé 800 000  euros est monté jusqu'à 2 164 000 euros, un record français pour l'artiste.
Cette pluie de résultats fantastiques n'est pas le monopole de la France. On le constate dans le monde entier pour tous les objets et les œuvres de grande qualité. Lorsque s'y ajoute une belle provenance ou/et un état parfait les prix s'envolent.
Les acteurs du marché sont bien conscients que l'art est devenu un placement refuge. Ils n'hésitent donc pas à présenter pour les ventes de printemps des œuvres exceptionnelles dont les estimations pourtant élevées pourraient fort bien paraître dérisoire, une fois la vente passée. Nous avons déjà évoqué la vente prochaine du « Cri » de Munch. Deux toiles devraient également atteindre des sommets de prix.
Mis en vente le 8 mai prochain à New-York par Christie's,  FC 1 (Feu-Couleur 1) (voir page précédente) réalisé par Yves Klein en 1962, quelques semaines avant sa mort,  est la seule œuvre de cet artiste à regrouper tous les éléments emblématiques  de Klein : le bleu Klein, la peinture de feu, le pigment rose, l'anthropométrie. Pour ce grand format, il a utilisé des modèles enduits de peinture imprimant l'image de leur silhouette sur le support puis équipé d'un chalumeau, il a révélé leurs traces en les modelant par le feu. Cette œuvre exceptionnelle est estimée 30 à 40 millions de dollars.
©Sotheby's
Francis Bacon, «Figure writing reflected in mirror». Estimation :30 à 40 millions de dollars Vente Sotheby's, New-York, 9 mai 2012.

Autre artiste emblématique du 20e siècle : Francis Bacon (1909-1992). Le 9 mai, toujours à New-York, Sotheby's, cette fois, proposera « Figure, writing reflected in mirror », une œuvre rare qui faisait partie de l'exposition de l'artiste en 1977 à la Galerie Claude Bernard. Acquise à cette occasion par ses actuels propriétaires, c'est la première fois qu'elle réapparait sur le marché. Elle représente à la fois l'artiste et son ami George Dyer et manifeste l'obsession du peintre pour l'écrit  qui a inspiré toute son œuvre puisant dans les grands classiques de la littérature d'Eschyle à T S Eliot. Cette œuvre majeure est, elle aussi, estimée 30 à 40 millions de dollars
 Cette folie des prix ne doit cependant pas dissuader les petits investisseurs. Dans le secteur des œuvres à moins de 100 000 euros et même pour celles ne dépassant pas 10 000 euros, il y a de réelles opportunités d'achat. Lors d'un colloque du salon Fiscap consacré entre autre au placement dans l'art, maître Pascale Marchandet, de la société de ventes Rossini soulignait que dans ce créneau de prix, le particulier peut réaliser de belles acquisitions qui se valoriseront avec le temps : dessins ou tableaux majeurs de petits maîtres, beau mobilier du XVIIIe siècle qui devrait se revaloriser, œuvres d'artistes français du XXe siècle qui ne sont actuellement pas à leur prix....
par: Robin Massonnaud

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