16.4.12

BOUKHARI Hassan plasticien marocain

Hassan Boukhari, sur les traces des grands maîtres

 Il est jeune, timide et talentueux. Hassan Boukhari juge pourtant son œuvre avec rigueur. Il dit avoir beaucoup de progrès à réaliser. On a du mal à le croire quand il exhibe ses toiles. Une humilité qui en fait un personnage attachant. Il est né en 1965 à Rabat dans une famille r'batie. A l'écouter, rien ne le prédisposait à une carrière d'artiste. Son père, cadre dans l’administration, n'avait certainement pas prévu que le second de ses fils aurait un tel talent et serait attiré par la peinture. Cependant, chose rare dans notre société, il n'en a pas eu ombrage. Au contraire. Loin de réprimer ce penchant, il encourage son fils à persévérer dans cette voie. Sur ce point, Hassan Boukhari aura eu un avantage indéniable sur ses pairs. C'est dans l'harmonie qu'a pu se développer son don. Aujourd'hui, il en garde un souvenir des plus agréables. Le dessin et la peinture ont toujours été pour lui des moments privilégiés où dominait la liberté.




Un élève modèle



Le trait de caractère qui frappe chez Hassan Boukhari est la modération. Dans ses  propos, dans sa vie quotidienne, toujours la juste mesure. Jamais d'excès. D'autres diraient qu'il est l'image de l'équilibre. Lorsqu'il sent naître en lui cette passion pour la peinture, il la maîtrise, il la canalise de façon à ne pas fixer trop tôt les grandes lignes de son avenir. Il est studieux et ses professeurs disent de lui qu'il est un élève modèle, réussissant chaque année à ses examens. Après le baccalauréat, il entame des études supérieures et se destine à l'enseignement. Mais, on le devine, son choix n'est pas aisé. Outre son don pour la peinture, Hassan Boukhari est aussi un athlète accompli. De laquelle de ces deux disciplines faut-il faire son avenir professionnel ? Il hésitera longtemps. Il est aujourd'hui professeur d'éducation physique, ce qui lui laisse assez de temps pour peindre et exposer.


L’envol



La peinture à laquelle il s'adonne sans compter lui est enseignée au lycée, une heure par semaine. C'est peu pour satisfaire sa passion. Aussi, lui consacre-t-il la majorité de ses loisirs. Ses outils sont pour le moins rudimentaires. Les premiers supports de ses peintures seront le carton, l’isorel et le bois. Pour des raisons économiques, il gardera longtemps ces matériaux. S'il maîtrise très vite la technique de la peinture, Hassan Boukhari doit apprendre seul les règles de cet art. Il est avant tout autodidacte. C'est sa curiosité, sa soif d'apprendre et de peindre qui le pousseront à lire davantage, à rechercher partout les œuvres des grands maîtres. Aussi commencera-t-il par imiter toutes les photos qu'il découpe dans les revues. Il ne s'attache pas à un genre déterminé, ni à une école précise. C'est la période des essais. Son principal souci sera de s'améliorer, d'affiner ses connaissances. Il avoue cependant que les tableaux représentant des paysages sont ceux qui l'attirent le plus. Il y trouve les couleurs, les courbes et les perspectives qui sont la meilleure école pour celui qui veut acquérir une expérience.


A la recherche de la perfection



Cependant, la consécration viendra de la sanction du public. Ses premières "expositions" ont lieu dans son établissement scolaire. Sous la houlette de son professeur d'arts plastiques, Hassan Boukhari fait ses premiers pas. Certes, son public, essentiellement composé de lycéens, lui est totalement acquis. Mais, c'est déjà un signe. Cela le confortera dans ses options et lui donnera l'audace nécessaire pour prendre son envol. Sa première véritable exposition a lieu à Rabat à la galerie "La Découverte" en 1988. Moments intenses couronnés par une franche réussite. Il sait, dès lors, que la voie du succès lui est ouverte. Hassan Boukhari a fait son choix et c'est certainement le bon. Son genre de prédilection sera le figuratif. Non que l'abstrait le rebute, mais il pense que dans ce domaine, les progrès sont moins perceptibles. Le figuratif recèle infiniment de détails où l'artiste peut donner libre cours à son inspiration. Il faut l'entendre parler avec passion des paysages qui l’inspirent. La richesse et l'harmonie des couleurs et des formes, la complexité de l'architecture ouvrent, dit-il, des possibilités innombrables à l'artiste. Cela ne veut nullement dire qu'il se cantonne à ce genre. Il excelle aussi dans les portraits d'où ressort le particularisme des visages du Maroc. Pour s'exprimer pleinement, Hassan Boukhari privilégie deux procédés: la peinture à l'huile sur toile et le pastel sur papier. Dans les deux cas, il ne présente son œuvre que lorsqu'il en est pleinement satisfait. C'est que Hassan Boukhari est un perfectionniste. Il refuse la facilité et accepte avec parcimonie les compliments. Lorsqu'on lui dit que ses toiles sont belles et harmonieuses, il fait la moue et répond qu'il lui reste des progrès à accomplir. Pourtant, ce jeune artiste n'en est pas à sa première exposition. Elles ont toutes connu le succès ! Ce n'est pas ça qui lui fera tourner la tête.
 Sut - Mie GUIBERT

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