21.4.12

C’est l’histoire d’un bol…

Anne-Laure Charlier sera bien sûr présente ce week-end au salon des potiers. (Photo Denis MOUSTY)
On attend près de soixante artisans, ce week-end à Nancy, au salon des potiers. Dont Anne-Laure Charlier.
C ertains ont connu leur période bleue, Anne-Laure a sa période poissons. Qu’elle prépare au four, par des températures dépassant les 1 000°. D’où ils ressortent fringants sur fond blanc. Actuellement, des marins marrants subissent le même traitement



Pourquoi des poissons ? Pourquoi des marins qui se multiplient sur assiettes, bols et soucoupes comme petits pains ? Anne-Laure Charlier serait bien en mal de l’expliquer. « C’est ma période, tout simplement. Et c’est vrai aussi que la mer m’a toujours fascinée. »

Fascinée par la mer, c’est pourtant dans la terre qu’Anne-Laure s’est modelé un destin. Depuis l’enfance, depuis que, dans son village d’Azelot, des ateliers l’ont initié aux rudiments de la poterie et de l’argile. « J’aime la céramique. J’adore le bol, j’adore ce contenant, et bien sûr l’idée de la terre. Depuis longtemps, j’avais pour obsession d’apprendre à tourner mes pièces. » Ce qu’elle a fini par maîtriser une fois la trentaine bien avancée…

Car entre-temps, la jeune femme a fait carrière comme éducatrice, jusqu’à ce que la rattrapent ses premières amours. Depuis une demi-douzaine d’années déjà, elle s’était créé son propre atelier, à Bainville-aux-Miroirs, près de Bayon. En amateur.

Mais en 2010, la jeune femme a pris un congé de formation, a bénéficié des enseignements du centre Al Terre Native à Velaine-en-Haye, a plaqué son boulot, et la voilà professionnelle de l’artisanat d’art en bonne et due forme depuis un an déjà.

Avec cette petite particularité qu’elle dessine, beaucoup, et cultive une affection particulière pour la porcelaine. Qui ne fait pourtant rien pour l’aider… « Un peu élastique, un peu capricieuse, elle n’est pas forcément facile à tourner. Mais quand on a porté les lèvres une fois sur de la porcelaine, on peut vite ne plus pouvoir s’en passer. »
Une page blanche

Surtout, sa blancheur permet à l’imagination de laisser dériver le crayon. De multiples croquis sont réalisés avant que ne soit choisi le motif bientôt apposé sur ses réalisations. « Ça me plaît que mes objets servent, je tiens à leur caractère utilitaire. Mais j’ai envie aussi que le bol du matin raconte une histoire, et éclaire d’emblée la journée. » Au prix d’un processus long. Si l’artiste se contente parfois de peindre sur l’objet, elle s’astreint souvent à graver ses motifs pour les rehausser d’oxydes avant d’enfourner. Avec une finesse d’exécution qui fait tout l’attrait de sa création.

Elle confère de la légèreté aux poissons, de la poésie aux marins, et de la naïveté aux ballons multicolores lâchés sur le vase ou sur le petit pot.

Depuis un mois, Anne-Laure Charlier pose ses pièces place Carrière, sur les étagères de la Boutik Atelier (anciennement Chœur d’artisans), aux côtés de cinq autres confrères artisans d’art. Elle en est, à présent. Artisane, à sa place à elle sur cette terre, où elle admire toujours la mer…

Lysiane GANOUSSE

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