18.4.12

Exposition : Cima da Conegliano, Maître de la Renaissance vénitienne


Une exposition qui a le rare mérite à partir d’une trentaine d’œuvres de restituer à Cima da Conegliano, peintre vénitien, sa véritable importance face aux autres grands peintres de son époque Giovanni Bellini et Vittore Carpaccio.

Le commissaire de l’exposition, Giovanni Carlo Federico Villa, professeur en histoire de l’art moderne et en muséologie à l’Université de Bergame a, pour constituer cette remarquable exposition, non seulement fait appel à la Galleria Nazionale de Parme mais également à la Galeria degli Uffizi de Florence, à la Pinacoteca di Brera de Milan ainsi qu’à  la National Gallery de Londres et aussi à la Galleria dell’ Accademia de Venise. Giovanni Carlo Federico Villa ne s’est pas contenté de puiser dans le patrimoine des musées italiens. Il a également fait appel à quelques joyaux de Cima da Conegliano provenant de nos propres musées (Musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Strasbourg). La réunion de cet impressionnant ensemble de tableaux de Cima da Conegliano permet de mieux appréhender l’incroyable maîtrise du peintre vénitien en particulier dans la façon de restituer chaque détail des visages des protagonistes de tableaux à caractère religieux (Vierge à l’Enfant), mais également dans sa manière de confier au paysage une place prépondérante dans la majorité de ses tableaux. Cette importance accordée au paysage sera reprise et poussée  à son apogée par un des contemporains allemands de Cima da Conegliano : Albrecht Dürer, en particulier dans ses gravures sur bois. L’exposition Cima da Conegliano du Musée du Luxembourg s’ouvre par une remarquable Vue perspective de la ville de Venise de Jacopo de’Barbari, qui permet à chaque visiteur de l’exposition de survoler comme par magie la Venise de 1500, et donc, d’une certaine façon d’en explorer chaque venelle, chaque canal ! Le visiteur se retrouve ensuite confronté au monumental, au grandiose, grâce au prêt exceptionnel du Duomo de Conegliano : la Vierge à l’Enfant entre saint Jean-Baptiste, saint Nicolas, sainte Catherine, sainte Apolline, saint François et saint Pierre. L’œuvre, de proportions imposantes (345X 205,6cm) malgré de nombreux repeints effectués au cours du 19e siècle, donne une idée assez précise de l’aboutissement de la technique à laquelle parvient Cima da Conegliano en 1492.Un tableau chargé d’émotion et de pathétique attire forcément l’œil du visiteur : celui du Christ couronné d’épines, provenant de la National Gallery de Londres. Bien que de dimensions modestes -l’œuvre n’excède pas 36,8 X 29,2cm- ce tableau révèle toute la souffrance du Christ, le tout obtenu sans artifice, sans théâtralité. En effet il faut scruter attentivement chaque détail du visage supplicié pour découvrir les traces à peine suggérées du martyre imposé au Christ. Un tableau provenant de la Galleria Nazionale de Parme peut également attirer notre attention par sa singularité : il s’agit du Sommeil d’Endymion  dans lequel Cima da Conegliano emprunte les voies de la mythologie. Le peintre vénitien confère à ce tableau une ambiance magique, suggérant un monde soumis au sommeil, dans lequel même les animaux sont plongés dans une torpeur étrange. Un autre tableau remarquable n’échappera pas aux visiteurs de cette exposition. Il s’agit d’un sujet traité par de nombreux peintres : Saint Jérôme dans le désert qui provient de la Pinacoteca di Brera de Milan. Bien que de dimensions elles aussi fort modestes (37 X 30) ce tableau souligne avec force la détermination de Saint Jérôme, face au lion. L’artiste sait aussi dans cette œuvre accorder une importance considérable au paysage exécuté avec un luxe inouï de détails. Comment ne pas évoquer également cet imposant tableau venu tout droit de la Galleria dell’ Accademia de Venise L’Incrédulité de Saint Thomas et l’évêque saint Magne ? De dimensions considérables (215 X151cm) ce tableau confronte Saint Thomas  au miracle de la Résurrection du Christ, le tout savamment mis en scène sous une arche monumentale, surplombant des paysages lointains. Le commissaire de l’exposition Cima da Conegliano  a choisi de terminer ce périple au cœur de l’œuvre du peintre vénitien par le gigantesque tableau (207 X 510,4cm) provenant également de la Galleria dell’Accademia de Venise : Le Lion de Saint Marc entre saint Jean-Baptiste, saint Jean l’Evangéliste, sainte Marie-Madeleine et saint Jérôme. Les personnages rassemblés dans ce tableau aux dimensions incroyables semblent éclairés par une lumière presque surnaturelle, comme si la palette de Cima da Conegliano s’était assombrie en donnant à la composition une atmosphère presque menaçante, irréelle.
Au terme de cette exposition il devient évident que l’art sans concession, confinant au sublime et présent dans chacun des tableaux de Cima da Conegliano est révélé avec profusion dans toutes les œuvres rassemblées ici avec une  belle constance par l’architecte de cette superbe exposition : Giovanni Carlo Federico Villa.
www.museeduluxembourg.fr
Au Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75008 Paris
du 5 avril - 15 juillet 2012
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux
Grand Palais en collaboration avec Artematica

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