8.4.12

Exposition » Matisse, Paires et séries » au Centre Pompidou

Affiche de l'exposition "Matisse, paires et séries". Henri Matisse, "La Blouse Roumaine", 1940, Huile sur toile, 92x73cm, Photo © Succession H. Matisse - Collection Centre Pompidou / J-C. Planchet / Dist. RMN-GP
Grand Palais, octobre 1905 : au salon d’automne, un buste en marbre d’Albert Marque se perd au milieu d’une explosion picturale. Il est le « Donatello parmi les fauves », des mots du critique d’art Louis Vauxcelles, qui donnera son nom au mouvement de ces peintres aux couleurs criardes : le fauvisme. Les fauves, ce sont André Derain, Maurice De Vlaminck, et surtout le père de la Femme au chapeau, Henri Matisse. Bien loin du classicisme qui animait jusque-là les oeuvres des salons, le fauvisme use de l’abandon du ton local, c’est à dire d’une couleur libérée et anti-conventionnelle. Les arbres sont bleus, les fonds ocres, la touche brute, expressionniste. Le XXe siècle sonne le glas de la primauté du dessin, débat esthétique qui remonte au XVIIe siècle et au duel Rubens/Poussin.

Henri Matisse, Nature morte aux oranges, 1898 - 1899, huile sur toile
Luxe, calme, volupté. « Là, tout n’est qu’ordre et beauté. Luxe, calme et volupté. » C’est à ce vers de L’invitation au voyage de Baudelaire que Matisse doit l’inspiration pour Luxe, Calme et Volupté,  évocation mélodieuse d’un paysage cythérien de baignade à la lumière du Midi, qui lui valut pourtant des critiques acerbes au salon des Indépendants. Ici exposé aux côtés du Goûter, ou Golfe de Saint-Tropez (mes digressions m’en font oublier les paires et séries), dont la touche semi-liée évoque les prémisses du néo-impressionnisme, Luxe Calme et volupté témoigne de l’aboutissement de la technique pointilliste dans le travail de Matisse.
Henri Matisse, Luxe, calme, volupté, 1904 - 1905, huile sur toile, Paris, musée d'Orsay.
De marbre. Au gré d’un parcours rythmé par le thème de la série (approche d’un même motif sous plusieurs angles, technique appréciée des impressionnistes et de nombre d’artistes), le Centre Pompidou offre un panorama plutôt rapide mais non moins éclectique du travail de Matisse, éclairant sur ses influences et thèmes de prédilection.  De son apprentissage du divisionnisme (ou néo-impressionnisme) que l’on retrouve dans Luxe, Calme et Volupté, aux influences cubistes évidentes de la série des portraits de Marguerite (sa fille aînée), des (trop) nombreuses Natures mortes aux célèbres Nus bleus,  c’est toute une oeuvre qui est mise en perspective dans cette exposition. Et au milieu des corps de papiers gouachés, le spectateur, comme Donatello, reste de marbre.
Informations Pratiques
Exposition « Matisse, Paires et séries » au Centre Pompidou
Du 7 mars au 18 juin
Métro Chatelet ou Rambuteau

http://www.centrepompidou.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour vous aider à publier votre message, voici la marche à suivre:
1) écrivez votre texte dans le formulaire de saisie ci-dessus
2)Si vous avez un compte, identifiez-vous dans la liste déroulante Commentaire sinon veuillez saisir votre nom ou pseudo
3)Vous pouvez en cliquant sur le lien S'abonner par e-mail être assuré d'être avisé en cas d'une réponse
4)Cliquer sur Publier enfin.
Le message sera publié après modération voila c'est fait et un gros merci car vos mots m'encouragent à continuer l'aventure de ce blog

blogger