1.4.12

Fondation Cartier : Imaginer une oeuvre d'art à partir de pierres précieuses

David Lynch et son oeuvre "Jeweled Triangle".
Gilbert Nencioli © Cartier
(Relaxnews) - Cartier, Joaillier des Arts est une exposition organisée à la Fondation Cartier, à Paris, à partir du 3 avril. Elle réunira quatre oeuvres créées par des artistes contemporains à partir de pierres précieuses ou semi-précieuses rendues inutilisables en joaillerie. Cyrille Vigneron, Directeur général Europe chez Cartier, évoque pour Relaxnews les personnalités à l’origine de ces oeuvres et les relations entre la maison Cartier et l’art contemporain. (Traduit de l’anglais)

Relaxnews : Ces quatre oeuvres ont été réalisées par le réalisateur américain David Lynch, le réalisateur japonais Takeshi Kitano, l’architecte italien Alessandro Mendini et l’artiste brésilienne Beatriz Milhazes. Pourquoi ces artistes ont-ils été choisis par Cartier ?
Cyrille Vigneron : Nous avons choisi quatre artistes hommes et femme, originaires de différents continents et aux sensibilités diverses. Mais surtout, ils font preuve d’une grande imagination et jouent sur les couleurs. Ils avaient tous carte blanche, même sans jamais avoir travaillé avec des éléments minéraux.
R : Takeshi Kitano a imaginé un nécessaire pour peintre (Nécessaire Gosse de peintre), David Lynch une lampe (Jeweled Triangle), Alessandro Mendini une "colonne infinie" (The Cartier Column) et Beatriz Milhazes un mobile décoré (Aquarium). Avez-vous été surpris du résultat ?
C.V. : Le résultat était propre à chaque artiste. L’un était par exemple très mystérieux, l’autre plein d’énergie. La lampe ressemble tout à fait à David : elle nous emmène dans son monde, si complexe, si étrange, tellement lui. La Colonne Cartier ressemble à Mendini, un être charmant et postif. L’oeuvre de Takeshi Kitano était d’une telle nostalgie, l’emmenant dans un passé où l’imagination était libre. Nous lui avons suggéré d’ajouter des pierreries à sa palette de peintre mais il trouvait cela trop sophistiqué : il voulait rendre la nostalgie d’un regard d’enfant.
R : Les pièces ont été commandées à des moments différents. Pourquoi les réunir maintenant ? Que deviendront-elles ensuite ?
C.V. : Chaque projet a pris du temps, les artistes ont travaillé à leur propre rythme. Certains ont mis neuf mois, d’autres ont eu besoin d’un an et demi. Nous avons d’abord présenté ces oeuvres séparément et c’est la première fois qu’elles sont réunies en France. Les oeuvres appartiennent à Cartier et [à l’avenir] nous les traiterons comme des trésors en ne les ressortant que pour de grandes occasions.
R : En dehors de l’art, existe-t-il un autre débouché pour ces pierres inutilisables en joaillerie ?
C.V. : Oui. Par exemple, l’ornement des objets de décoration. Nous y avons pensé. Mais nous avons vu une occasion de créer quelque chose qui sorte de l’ordinaire... Nous voulions créer quelque chose de totalement nouveau et qui nous pousserait à envisager des défis nouveaux.
R : Qu’est-ce que l’art contemporain peut apporter au monde du luxe et vice versa ?
C.V. : Nous nous sommes demandés "Comment Cartier pourrait-il aider les artistes ? De quelle manière pourrait-on leur apporter notre savoir faire d’artisan ?" Nous voulions réaliser quelque chose qui pourrait se vendre ou se porter, simplement pour voir sous quelle forme cette beauté se révélerait. Nous avons donné carte blanche aux artistes, qui ont réalisé des oeuvres incroyables et originales, une vraie source d’inspiration.
R : Plus généralement, qu’est-ce qui décide une maison comme la Fondation Cartier à s’associer à des artistes contemporains ?
C.V. : Les artistes sont capables de voir ce que d’autres ne voient pas, en matière de tendances, de design et de tous types d’expression. Ils envisagent des manières originales de représenter le monde et la maison Cartier voit plus loin que son activité en envisageant le monde de l’art dans sa totalité. La Fondation ne deviendra jamais un studio de design pour les produits Cartier. D’autres marques demandent à des artistes de signer leurs produits ou de collaborer avec elles. Je ne citerai personne mais cela existe et l’on obtient un hybride, de valeur certes, mais qui modifie l’orientation ou la perception de l’oeuvre. Une marque doit savoir rester fidèle à son passé créatif, son patrimoine et ses designers doivent servir ce but. Lorsqu’un artiste travaille seul, c’est différent.
R : Depuis son lancement en 1984, la Fondation Cartier a présenté le travail de divers artistes contemporains, de Vija Celmins à Guillermo Kuitca, en passant par le graffiti en 2009 avec l’exposition "Né dans la rue". Est-il important pour une marque si chargée d’histoire de choisir des artistes toujours plus novateurs ?
C.V. : Cartier est une marque classique. Cela ne veut pas dire qu’elle est conservatrice. Nous recherchons des personnes à la tonalité, à la voix et au message originaux, reconnus ou non. L’art du graff, né dans la rue, renvoie par exemple au débat : est-ce de la liberté ou du vandalisme ? La Fondation ouvre une fenêtre sur le monde et tend à montrer la manière dont les artistes le voient évoluer.
Cartier, Joaillier des Arts, du 3 au 21 avril. Visites sur réservation uniquement. Pour plus d’informations : fondation.cartier.com/cartier

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