27.4.12

GALERIES GENEVOISES Art en Vieille Ville se redéploie avec des expositions classiques

Une minuscule céramique égyptienne de l’époque amarnienne chez Phoenix. Image: DR
Que faut-il voir, lors de la seconde ouverture samedi? Phoenix, Interart, La Béraudière, bien sûr. Mais vos regards ont aussi le droit de porter ailleurs. 

 «Vous voyez qu’il y a de la place pour tout le monde», s’exclame Marie-Laure Rondeau. Effectivement! Peu après 17 heures, jeudi, la galerie Grand Rue se remplit peu à peu. Tout le monde n’est pas à Artgenève ou au Salon du livre. Il existe aussi un public pour la gravure de la fin du XVIIIe siècle. Un mur montre ici Piranèse. Un autre Ducros. A l’arrière de la boutique, il y a des percées vers les temps modernes. Les observateurs noteront ainsi une extraordinaire vue de Genève, aquarellée par le comte Preziosi en 1865. Tous les bâtiments décrits ont disparu!
A côté, Rosa Turetsky présente à nouveau Frédéric Clot, 38 ans. «Je débarque de Palexpo. J’adore l’exposition actuelle de Frédéric», s’écrie-t-elle. Il faut dire que le Vaudois (il est d’Ependes) a réussi son mélange des genres en se concentrant sur le noir et le blanc. Il y a là d’immenses dessins, pleins de détails très fins, sur le thème de l’Eldorado. Plus des objets formés de jouets d’enfants en plastique, unifiés par une teinte d’ébène. «Pourquoi ne réutiliserait-on pas ce qui se dégrade le moins», explique l’artiste, qui a aussi conçu pour l’entrée de la galerie, deux immenses œuvres sur le thème de l’église.
Toulouse-Lautrec et la Goulue
Une maison de la Grand-Rue plus loin, Interart joue la carte du luxe avec son «Autour de 1900». Il y a là des Kees van Dongen. Un beau pastel d’Odilon Redon. Un Guillaumin et un Emile Bernard. Le plus spectaculaire est néanmoins formé de deux Toulouse-Lautrec. «Le portrait de la Goulue est l’esquisse préparant directement l’affiche», explique doctement la directrice Charlotte Mailler. L’autre représente une trapéziste du Cirque Fernando, visité une génération plus tôt par Degas. On a ici un pied dans le musée.
Après avoir croisé un groupe de visiteurs franco-suisse qui a entrepris un marathon genevois, histoire de réaliser que nous ne vivons pas dans une lointaine province, et assisté à au début d’une conférence sur l’art contemporain chez Bailly, le visiteur peut pousser jusque chez Gagosian. La succursale genevoise met courageusement en valeur Jo Baer, alors que très peu de gens connaissent ici cette Américaine installée à Amsterdam. La dame a commencé par de vastes toiles minimalistes avant de venir à la figuration. Il y a comme ça des allées et venues dans la vie.
Merveilles antiques
En remontant, une étape s’impose absolument chez Phoenix. Le lieu a été métamorphosé pour présenter des faïences antiques. Nous baignons dans le turquoise, une couleur souvent vouée de nos jours aux piscines et salles de bains. L’ensemble proposé coupe le souffle. «Nous avions davantage de pièces quand nous avions cette exposition dans notre galerie de New York ou dans une foire de Bruxelles», explique Ali Aboutaam. «Mais nous avons, heureusement ou hélas, beaucoup vendu.» Après avoir vu les céramiques égyptiennes, dont trois sublimes hippopotames, il ne faut pas hésiter à descendre, hors exposition, au sous-sol. Il y a là des merveilles mésopotamiennes ou pharaoniques.
Terminons au Bourg-de-Four chez Jacques de la Béraudière. Le Genevois d’adoption est cette fois parti pour l’Espagne. Se retrouvent ainsi aux murs Millares Dalí, Dominguez et Picasso (dont deux œuvres provenant de la récente vente Serge Lifar). L’ensemble est très choisi. Bien mis en scène, et donc en valeur. Là aussi, il ne faut pas hésiter à pousser la curiosité un peu plus avant. Dans le bureau se trouvent une spectaculaire «Cariatide» de Modigliani et un tableau particulièrement séduisant d’Yves Tanguy. «IL date en plus de la bonne année, 1930.»
Pratique
Art en Vieille Ville rebelote le samedi 28 avril, de 11 heures à 17 heures. Site www.avv.ch
TDG

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