21.4.12

L'art performance au Cameroun en quête de visibilitéStéphanie Dongmo

Ce genre artistique est le fait de quelques plasticiens mais reste incompris du grand public. Les Rencontres d'art visuels de Yaoundé, qui rassemblent tous les deux ans des performeurs camerounais et étrangers, se sont donnés pour objectif de le vulgariser.

contemporain, la participation des artistes aux grandes biennales dans le monde. Il ajoute qu'après la décennie 1995-2005, la scène est restée assez décousue : "les meilleurs éléments se sont expatriés ; parmi les nouveaux, on n'a pas encore vu de gens capables de les transcender". Dans ce cercle étroit, il cite volontiers Barthélemy Toguo, Pascale Marthine Tayou, Bili Bidjocka, Joël Mpah Dooh, Pascal Kenfack, Joseph Francis Sumegne… Stéphane Tchonang allonge la liste avec Goddy Leye et Émile Youmbi. Depuis 2008, l'art performance repart à la conquête d'un public, boosté par les Rencontres d'arts visuels de Yaoundé qui le mettent au centre des manifestations. Six ans après, Serge Olivier Fokoua est fier de constater : "nous avançons lentement, mais sûrement".
Artistes meurt-la-faim
Parce que leurs œuvres sont difficilement vendables, la plupart des performeurs camerounais ont une autre carrière. La performance est donc un aboutissement pour ces artistes qui viennent de la danse (Etongo), de la mode (Bessala), de la sculpture (Fokou), de la peinture (Salifou Lindou) et du théâtre (Silvain Yimga). Pour Christian Etongo, il est impossible de vivre de l'art de la performance au Cameroun. Il avoue cependant que sa pratique lui a apporté la visibilité nécessaire pour obtenir de certaines institutions étrangères le financement de ses recherches artistiques. Serge Olivier Fokoua est catégorique : "l'artiste n'est pas un commerçant ; il est celui qui travaille pour défendre un concept, une idée. Se faisant, la récompense peut suivre". Celle-ci peut être la mise en valeur de l'artiste ou un contrat décroché. Mal Jam, lui, croit dur comme fer que si l'artiste est excellent, son travail va devenir une valeur marchande. Cela passe par la formation, la maîtrise du circuit de diffusion et la promotion.

Une action de promotion qui devra amener le public à mieux comprendre la performance artistique et à y adhérer. "De toutes les façons, l'art c'est aussi le sens et chacun y comprend quelque chose, à sa manière", défend Stéphane Tchonang. Une vision que ne partage pas entièrement Mal Jam pour qui l'art est avant tout une affaire d'initiés : "N'importe qui peut contempler une œuvre d'art, mais seuls les initiés la comprennent en profondeur. Un minimum d'initiation est requis à la base. C'est pourquoi, en l'absence d'une école des beaux-arts au Cameroun, l'école doit participer à l'éveil du goût et les médias doivent prendre leurs responsabilités pour transmettre un sens critique qui nous aidera tous à mieux apprécier l'art."
Stéphanie Dongmo

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