11.4.12

L'art se conjugue à la thérapie

Aude Hennion travaille auprès de personnes dont les difficultés sont de tous ordres. Tous font de l'art un moyen d'aller vers un mieux-être.
À la croisée de l'art, du lien humain, des émotions, l'art thérapie est une discipline dont les preuves sont depuis longtemps faites mais qui a encore du mal à se faire connaître en France.
C'est pourtant ce que propose Aude Hennion.
Dessiner a toujours été une passion pour Aude Hennion. « Mais j'ai toujours été très intéressée aussi par l'humain, par la relation. Et j'ai découvert ce métier d'art thérapeute qui correspondait à ce que je voulais faire de ma passion », raconte la jeune Saint-Martinoise.



Sortir du blocage

Sur son chariot, quelques couleurs, des crayons, du papier. L'idée : guider la personne pour l'aider à exprimer ce qui se terre au fond d'elle. «  Mais exprimer ne signifie pas communiquer », précise la jeune femme. Elle n'est pas là pour analyser le pourquoi du comment. « L'activité artistique doit être valorisée et valorisante, la personne développe son imaginaire pour qu'elle se sente capable de faire de belles choses, et pas seulement d'y déverser des émotions. » Le plaisir que la personne peut prendre à s'impliquer dans la production artistique peut permettre de sortir d'un blocage, qu'il soit physique ou psychologique. « J'ai vu une personne dont la main droite était paralysée se mettre après des heures et des heures de rééducation à - enfin - utiliser sa main gauche tellement elle avait envie de dessiner. J'ai travaillé avec une jeune fille anorexique. Sa problématique, comme souvent, c'est l'estime de soi. Il lui était impossible de faire un choix : c'était toujours, "c'est comme tu veux" ou "et toi, qu'en penses-tu". Mais après un temps où elle m'imitait beaucoup, elle a peu à peu tenté des choses : choisir une autre couleur, tenter une forme différente. Enfin, elle a été capable de dire pourquoi elle avait choisi du bleu... Pour elle, c'était un progrès énorme. » Le mémoire d'Aude, réalisé après un stage à l'hôpital de Boulogne, en psychiatrie, portait sur la schizophrénie. « Il n'est pas évident de pratiquer l'art-thérapie avec ces patients, dans la mesure où ils ont du mal à faire la différence entre imaginaire et réalité. Avec une patiente, nous avons travaillé de façon très cadrée. Au lieu de solliciter l'imaginaire, il s'agissait à l'inverse de s'ancrer dans le réel : dessiner l'hôpital, son quotidien... Elle a fini par me confier une angoisse qui la rongeait depuis des années et qu'elle n'avait jamais abordée avec ses médecins. » Pour Aude Hennion, l'art-thérapie vient en complément des autres prises en charge, médicale et/ou psychologique. « C'est un échange », souligne-t-elle.

Un soutien aux soins

Les domaines d'interventions de l'art-thérapeute sont des plus diverses. « On pense tout de suite à la psychiatrie, mais j'interviens aussi en cancérologie, en addictologie par exemple. On sait aujourd'hui à quel point le moral joue ! » Une séance a une durée variable. « En moyenne, c'est 3/4 d'heure. Mais cela dépend du patient, de son état de fatigue, par exemple. Avec un enfant hyperactif, ça peut durer 5 mn, puis 10... l'allongement du temps, le fait de favoriser la concentration peut être un objectif en soi ! » Comme l'art, l'art-thérapie laisse apparaître des bénéfices souvent insoupçonnés.


Florence PÉCRIAUX
Florence PÉCRIAUX
contact : aude.hennion@yahoo.fr

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