27.4.12

Le musée d’art et d’histoire du judaïsme rend hommage aux figures juives dans l’orientalisme

« Joseph gardien des greniers de Pharaon », par Lawrence Alma-Tadema, 1874.

Au musée d’art et d’histoire du judaïsme, une exposition retrace les représentations diverses de Juifs en tant qu’Orientaux dans l’art, de 1832 à 1929. 

 À partir de 1830, les nouvelles possessions françaises d’Afrique du Nord et les lumières méditerranéennes attirent les artistes. Armés de carnets et d’aquarelle, ils découvrent un Orient qui n’est pas de « bazar », très différent du retour d’Égypte de Bonaparte. Alors que le noir vestimentaire est de rigueur chez eux, ils trouvent là des tenues chamarrées, notamment celles de la communauté juive. En lien avec l’Europe, et non impliquée dans le conflit colonial à l’inverse des populations musulmanes, elle se trouve être plus accessible et accueillante.
Les artistes peignent des scènes du jour du sabbat, des mariées d’Alger pour Théodore Chassériau ou du Maroc pour Eugène Delacroix et Alfred Dehodencq. Sur ce côté de la Méditerranée, le temps semble figé. Le temps biblique, s’entend, réveillant une peinture religieuse jusqu’à présent sans repères historiques et qui va se nourrir des récentes découvertes archéologiques. Les voyages s’étendant jusqu’en Terre sainte, entre Égypte et Mésopotamie, mêlent le premier Testament au second. 
L’inspiration d’Horace Vernet traverse ainsi les siècles et transforme un Bédouin en Abraham devant sa tente. À la fin du XIXe  siècle, certains, s’attachant à « l’authenticité » ethnographique, dessinent la figure du Christ et sa famille plus judaïsante qu’ottomane ou romaine. Cette représentation picturale va entraîner des controverses parfois très violentes en Europe dans un climat antisémite avivé, notamment en France, au moment de l’affaire Dreyfus.
L’exposition du Musée d’art et d’histoire du judaïsme montre cette découverte des rives méditerranéennes qui marque un renouveau dans la peinture biblique, sur près d’un siècle, épousant tour à tour les styles – académique, art nouveau, art déco ou moderne – et des Juifs qui apparaissent comme une entité distincte dans cet orientalisme non plus rêvé mais révélé.
Jusqu’au 8 juillet. Au musée d’art et d’histoire du judaïsme, 71 rue du Temple (Paris 3e ). Entrée : 9,50 €, tarif réduit 7 €.
Visite en famille à partir de 8 ans les 20 mai et 10 juin à 11 heures. Le billet donne accès aux collections permanentes qui présentent des costumes et parures de mariées en rapport avec l’exposition. Catalogue Skira/Flammarion, 197 p., 35,50 €.
ALEXANDRE DARMON

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