10.4.12

Le mystère Christopher Wool

Christopher Wool renouvelle les codes picturaux. Crédits photo : FRANCOIS BOUCHON

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris présente la première exposition à Paris de cet artiste américain conceptuel qui fait bouger les formes, oscillant entre graphisme et abstraction, entre peinture et sculpture
Mirages? Il y a comme un flottement de la rétine devant la trentaine de très grands formats abstraits, hachés, chamboulés, griffonnés, tachés, et pourtant vivants, sensuels, composés, qui se succèdent en une partition contemporaine le long de la Rotonde du Musée d'art moderne de la Ville de Paris.



Pour cette première exposition à Paris, Christopher Wool a misé sur le langage universel et subliminal de l'art. Sans sous-titres. Mystère intact donc qui se vit comme un concert de musique atonale ou comme une chorégraphie de William Forsythe, ballet animé de codes et d'indices formels qui vous touchent mystérieusement en plein cœur.

Né à Chicago en 1955, mais associé à la scène new-yorkaise depuis le milieu des années 1980, Christopher Wool est l'artiste vénéré des musées (du Ludwig Museum de Cologne au MOCA de Los Angeles) et des collections privées les plus aguerries qui savent prendre leurs distances vis-à-vis du marché de l'art et de ses vedettes d'un jour. C'est un homme secret, un puriste, un introverti qui souffre des contacts inutiles avec le monde et déteste disserter sur son art. N'a-t-il pas choisi de s'ancrer à Marfa (Texas), terre de légende depuis que feu Donald Judd y a laissé son musée minimal à l'air libre du désert?

«Il ne se dit pas peintre, mais artiste conceptuel. Il a commencé en parlant des mots, puis en les effaçant. Il utilise la sérigraphie mise en gloire par Andy Warhol qu'il agence, efface, repeint. Pour moi, il fait œuvre de sculpteur sur la toile ou le papier, il invente une forme d'écriture visuelle», explique avec feu Patricia Marshall, «art advisor» qui le défend depuis vingt ans, de la Californie à Paris. Wool est apparu à une époque qui ne jurait que par la photographie et dédaignait la peinture. Le voilà qui incarne le renouveau du tableau, le plus abstrait qui soit.

Christopher Wool, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 11, av. du Président-Wilson (XVIe). Tél.: 01 53 67 40 00. Horaires: du mar. au dim. de 10 h à 18 h, noct. le jeud., 22 h. Jusqu'au 19 août. Cat.: petit catalogue monochrome Holzwarth Publications.

Par Valérie Duponchelle

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