4.4.12

Les lampes Charles renaissent à Saint-Denis

Un authentique Charles en bronze coûte au minimum 3 800 € et peut grimper, pour un grand modèle, jusqu’à 77 000 €. | (DR.)

Une grande marque s’en va, une autre renaît. Dans les anciens ateliers de haute orfèvrerie Christofle, la prestigieuse maison Charles, bronzier d’art de luminaires que toute famille bourgeoise se devait de posséder dans les années 1950 et 1960, est en train de se refaire un nom dans le domaine du luxe.
Dix ans après son déménagement de la dernière chance de Paris à Saint-Denis, la manufacture de luminaires voit son chiffre d’affaires croître de 10% par an, embauche — elle cherche trois artisans, deux monteurs et un tourneur — et est à l’honneur dans le nouvel espace maison du Printemps, inauguré demain à Paris (IXe).Cette belle histoire, on la doit à Michael Wagner, un ancien des ateliers Hermès de Pantin, qui a repris l’entreprise à l’âge de… 26 ans. « C’est surtout une histoire de famille, sourit-il. Ma mère était cliente chez Charles depuis quarante ans. Jusqu’au jour où on lui a annoncé que cette célèbre société, née en 1908, était en faillite. Il y avait 50000 € de chiffre d’affaires, plus de catalogue ni de création depuis quinze ans, il restait deux artisans rue Soleillet, à Paris XXe… »


Onze artisans d’art créent 90 modèles par an


A Saint-Denis, ils sont aujourd’hui onze à créer et à fabriquer les objets estampillés Charles, jusqu’à 90 modèles par an, dont une dizaine de nouveautés, réalisées parfois avec des créateurs tels que Paco Rabanne, Castelbajac, Olivia Puttman… « On peut comparer ce que l’on fait à de la joaillerie, mais en plus grand, précise Manu, le chef d’atelier. Il y a en France trois sociétés capables d’aller jusqu’à cette précision, mais pas à l’étranger. On travaille d’ailleurs de plus en plus sur mesure, pour un tiers de nos ventes, et dans le monde entier ».


Dans l’atelier Charles, bien occupé par un stock de 8000 moules, le temps semble s’être arrêté. « Si ce n’est le gaz et l’électricité, on utilise les mêmes méthodes depuis deux cents ans, confirme le chef d’atelier. D’ailleurs, certains outils, ce sont les artisans qui les créent eux-mêmes, comme Denis, qui a 2000 à 3000 ciselés différents. » Chacun a sa spécialité, le ciseleur, le monteur, le tourneur, autant de métiers mis à l’honneur par un joli petit livre qui vient d’être publié aux éditions Au fil du temps*. « Ce sont tous des artistes mais aussi des passionnés », souligne Michael Wagner.


Il faut voir leurs yeux s’écarquiller lorsqu’une cliente russe leur ramène une lampe cassée, qui va nécessiter des trésors de finesse pour qu’elle retrouve son lustre, ou lorsqu’ils vous montrent deux anciens modèles, achetés aux enchères pour les rééditer et lutter contre la contrefaçon. « Il y a de plus en plus de copies qui finissent aux puces », regrette le chef d’atelier. Un authentique Charles en bronze coûte au minimum 3800 € et peut grimper, pour un grand modèle, jusqu’à 77000 €. Mais il est arrivé qu’une pièce unique, créée sur mesure pour un client, atteigne 150000 €.


* « Métier d’art : bronzier d’art », 8,50 €.


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