8.4.12

L'homme qui a changé le chantier de la Berbie en photos d'art

Le photographe Dominique Delpoux devant une de ses photos de chantier présentées à la Berbie./Photo DDM, A.-M.D.
Le photographe tarnais Dominique Delpoux raconte le grand chantier du palais de la Berbie en 60 photographies d'une qualité exceptionnelle, à voirdans la salle d'expositions temporaires du musée Toulouse-Lautrec à Albi.

« Un chantier, a priori, ce n'est pas esthétique, mais si on s'y arrête, cela devient très beau », dit Dominique Delpoux. C'est un exploit iconographique qu'a accompli ce photographe de 49 ans, qui vit à Ambialet. Côtoyant appareil en main les ouvriers, il a assisté pendant huit ans à la mue du palais de la Berbie. Dominique Delpoux a fait avec les photos des travaux des œuvres d'art. « Elles n'ont pas qu'un intérêt documentaire. Dominique Delpoux est un véritable artiste », salue Danièle Devynck, conservateur en chef du musée Toulouse-Lautrec, qui a commandité ce travail photographique. Les visiteurs peuvent le découvrir en 60 tirages grand format dans la nouvelle salle d'expositions temporaires. Intitulée « chantier en scènes », c'est la première expo présentée à l'occasion de la réouverture.

Le ballet des brouettes

Il est rare aussi de trouver une aussi grande exposition de photos. Par leur qualité exceptionnelle, c'est le bonus de la visite du « musée réinventé ».
Éclairé de sa seule lampe frontale, un ouvrier rampant dans une galerie paraît un mineur de Carmaux, un des premiers travaux de Dominique Delpoux qui lui valut de décrocher le prix Kodak. Un barbu à cheval sur une gaine évoque un décor de cinéma. Une femme en salopette fait penser à un artiste peintre préparant une toile. La pose des planchers rappelle « Les raboteurs de parquet » de l'impressionniste Gustave Caillebotte. Une autre scène figure un tableau abstrait. Soudain, on croit voir une chorégraphie de danse contemporaine. Et toujours le ballet des brouettes. Il y a le puisatier, qui creuse au marteau-piqueur ; celui qui dans un tunnel rougeoyant semble à la porte des enfers ; le passage de relais entre corps de métiers ; l'école de la patience avec ces restaurateurs scalpel en main, dégageant une fresque sous une vieille peinture ; un mikado géant fait de pièces de bois sous la charpente…
« Ce qui m'intéresse, c'est quand l'image crée un effet de surprise multiple, raconte une histoire, est une métaphore d'autre chose », dit l'homme de l'art. Faites sans flash, ces photos sont aussi un hommage que rend Dominique Delpoux « à ces hommes du bâtiment, qui travaillent dans la poussière et dans le bruit, contraints des heures durant à des contorsions improbables qui usent prématurément les corps ».
Comme avec sa série sur les jumeaux, acquise par le Fonds national d'art contemporain, c'est au cœur du projet de ce fils d'agriculteur et ex-salarié de coopérative agricole, reconverti depuis vingt ans dans la photographie : « J'ai toujours tourné mon objectif vers les gens. »
par: Alain-Marc Delbouys

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