18.4.12

Moebius : un pont entre la BD et l’art

« J’ai toujours eu la prétention démesurée et insolente d’être un pont entre la BD et l’art. » Moebius (Télérama n°3168, 2 octobre 2010)
Bref retour sur l’oeuvre de Jean Giraud, également connu sous les pseudonymes de Gir et de Moebius, mort le samedi 10 mars 2012.
Diplômé des Arts appliqués, ses premiers dessins paraissent au début des années 60 dans des revues aussi différentes que Pilote et Hara-Kiri.  Il fonde la maison d’édition Les Humanoïdes associés en 1974 avec Bernard Farkas, Jean-Pierre Dionnet et Philippe Druillet, la revue culte Métal Hurlant en 1975 avec ces deux derniers et, en 1984, sa propre maison d’édition Aedena.

Personnage double, Gir illustre Blueberry, la série western, aux séquences et cadrages quasi cinématographiques, qu’il crée avec Jean-Michel Charlier ; et, Moebius, signe des récits de science-fiction dont Arzach, l’Incal ou le Garage Hermétique. Dans ces récits qui ont contribué à lui donner une dimension internationale, il explore les mondes du rêve et de l’inconscient. L’expérimentation, parfois réalisée au travers de séances chamaniques et de psychotropes, touche aussi la narration : Arzach, héros muet, évolue dans un récit sans dialogue ; le Garage hermétique est créé sous forme d’improvisations, proches de l’écriture automatique.
Ses dessins fantastiques, souvent très colorés, aux lignes élégantes et aériennes, mettent en scène «des mondes futuristes peuplés de créatures hybrides » et traduisent son attrait pour les sciences et ses interrogations métaphysiques.

Son univers, polymorphe et onirique, est traversé par l’ailleurs, l’étrange et l’idée de la métamorphose. Il influence tous les domaines de l’image tant il se trouve au carrefour de l’animation, de la publicité, du jeu vidéo et du cinéma. Auteur de peintures, de carnets intimes, d’autoportraits, Jean Giraud collabore également à la conception graphique de films américains tels que Tron, Alien, Blade Runner, Abyss ou encore Le Cinquième Elément.
De nombreuses expositions lui ont été consacrées de son vivant, en France et à l’étranger. On peut notamment citer, en France, l’exposition Miyazaki-Mœbius présentée du 1er mars 2004 au 13 avril 2005 à l’Hôtel de la Monnaie à Paris.
Plus récemment, l’exposition MOEBIUS-TRANSE-FORME que la Fondation Cartier pour l’art contemporain lui a consacré du 12 octobre 2010 au 13 mars 2011, est un signe de plus d’une reconnaissance qui transcende les frontières de l’art.

Pour aller plus loin, voir le dossier en ligne de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image : Jean Giraud/Moebius
Image de l’article : Vue 170 de l’exposition MŒBIUS-TRANSE-FORME, du 12 octobre 2010 au 13 mars 2011, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, par Olivier Ouadah. Avec l’aimable autorisation de la Fondation Cartier
Image à la une : Vue 069 de l’exposition MŒBIUS-TRANSE-FORME, du 12 octobre 2010 au 13 mars 2011, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, par Olivier Ouadah. Avec l’aimable autorisation de la Fondation Cartier

Isabelle Picault

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