8.4.12

Quand l'art fait le mur…

Il n'est pas nécessaire d'être « raccord » sur le plan vestimentaire pour visiter la rétrospective LeWitt… Les œuvres dégagent une force à laquelle il est bien difficile de résister…
MONUMENTAL. Jusqu'à fin juillet, le Centre Pompidou de Metz présente la plus grande rétrospective européenne de dessins muraux conçus par Sol LeWitt. Des œuvres monumentales qui étonnent autant qu'elles fascinent.


En disparaissant, la plupart des artistes emportent avec eux leur génie. Ce n'est pas le cas de Sol LeWitt. Alors qu'il s'est éteint en 2007, son œuvre continue à être reproduite dans les plus grands musées de la planète. Il ne s'agit en aucun cas d'imitation mais bel et bien d'une continuation de l'œuvre du maître. Quelques années après avoir accédé au succès mondial avec ses « wall drawings » - autrement dit ses dessins muraux -, l'artiste américain rédigeait, à l'attention des dessinateurs, un véritable guide pour « faire des dessins muraux ». Il se trouve en effet que la grande majorité des dessins conçus par l'artiste ont été réalisés par d'autres que lui. Une pratique qui surprend mais que LeWitt justifiait, dès 1967, en affirmant que « l'idée et le concept priment sur l'exécution ». La méthode de l'artiste était simple. Il concevait et élaborait le plan du dessin mural puis celui-ci était réalisé par le dessinateur qui a interprété le plan. « L'artiste et le dessinateur deviennent collaborateurs dans la fabrication de l'art », résumait ainsi LeWitt dans son texte de 1971.
Des Marnais parmi les 80 dessinateurs à l'œuvre
En programmant la rétrospective LeWitt de 1968 à 2007, le Centre Pompidou de Metz est allé jusqu'au bout de la logique. Pour réaliser les 33 œuvres qui sont présentées depuis le mois dernier, le musée d'art contemporain a constitué une équipe de 80 personnes. Aux côtés des dessinateurs de l'atelier LeWitt, 13 artistes diplômés et 63 étudiants formés dans quatre écoles d'art du Grand Est ont travaillé pendant huit semaines au montage de cette exposition. Parmi eux, des jeunes issus de l'école supérieure d'Art de Lorraine, de l'ENS architecture de Nancy, de l'école nationale supérieure d'art de Nancy et de l'école supérieure d'art et de design de Reims. Une aventure qui a d'ailleurs fait l'objet du tournage d'un documentaire qui est diffusé dans l'un des espaces de la galerie. Alors que pour la plupart des expositions de peinture, le montage se limite à l'accrochage des œuvres, pour la rétrospective LeWitt il fallait réaliser les œuvres. Dans leurs dimensions, les dessins muraux épousent l'architecture de leur lieu d'accueil. Au Centre Pompidou, elles s'exposent en grand format, affirmant tout à la fois leur force et leur finesse. En effet si, au départ, le répertoire géométrique est simple, il est bien vite augmenté d'éléments plus complexes. L'ensemble est saisissant de beauté et de mystère.
Avant d'obtenir ce résultat, il a fallu préparer les supports, en l'occurrence les murs, selon une méthode établie par l'artiste lui-même. Chaque surface a dû être traitée en fonction de la technique de dessin utilisée. Ainsi, les murs qui devaient recevoir des dessins au crayon à mine ont d'abord été enduits d'une fine couche de plâtre puis poncés et essuyés afin d'enlever tout résidu ou poussière. Dans un second temps, les murs ont été recouverts de deux couches de primaire puis de trois couches de peinture blanche appliquée au rouleau. Avant que le tout premier trait soit effectué, ils ont une fois encore été poncés afin de supprimer tout relief ou aspérité. A partir de là, la magie du plan de LeWitt n'avait plus qu'à opérer…
Noir et blanc à Metz, couleur à Louvain
Par choix, le Centre Pompidou a sélectionné 33 œuvres en noir et blanc dans un corpus qui en compte plus de 1.200. Il se trouve en effet qu'à Louvain en Belgique, le M-Museum propose une exposition partenaire d'une vingtaine de dessins muraux en couleurs ceux-là. Cette présentation complémentaire sera à découvrir du 21 juin au 14 octobre prochain. A noter également que le lien entre le Centre Pompidou-Metz et Sol LeWitt ne se limitera pas à cette rétrospective. L'an prochain, le musée présentera la collection personnelle de l'artiste conceptuel. Un second volet qui permettra de faire connaître une autre facette de la personnalité de LeWitt. Grand collectionneur, l'artiste américain a rassemblé, par le biais d'échanges plus que d'achats, plus de 4.000 œuvres. La sélection effectuée par musée messin en donnera à voir pas moins de 250, ce qui constituera la première grande exposition en Europe de la collection LeWitt.
Stéphanie Verger
sverger@journal-lunion.fr
Le Centre Pompidou-Metz est ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1er mai : les lundis et mercredis de 11 à 18 heures, les jeudis et vendredis de 11 à 20 heures, le samedi de 10 à 20 heures et le dimanche de 10 à 18 heures. Tarifs : 7 euros, gratuit pour les moins de 26 ans. Renseignements au 03.87.15.39.39 ou sur centrepompidou-metz.fr

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