28.4.12

"Sainte Anne" de Vinci : la polémique rebondit

À gauche : "Étude pour la tête de la Vierge" vers 1507-1510. À droite : octobre 2011, dans l'atelier des musées de France, la restauratrice Cinzia Pasquali ressuscite "La Vierge à l'enfant avec sainte Anne". © The Metropolitan Museum of Art - RNM - Stan Neumann.
La polémique autour de la restauration de la Sainte Anne de Léonard de Vinci, qui semblait s'être apaisée, a recommencé avec les déclarations d'experts français affirmant que le Louvre était allé trop loin dans le nettoyage de ce chef-d'oeuvre. Fraîchement restaurée, La Vierge et l'enfant avec sainte Anne, peinture sur bois de la maturité de Léonard de Vinci (1452-1519), est présentée au public depuis un mois dans le cadre d'une exposition au Louvre. Jusqu'à présent, les commentaires étaient élogieux, les tenants d'une restauration plus modérée ne s'étant pas exprimés sur le résultat final.

Mais une spécialiste de la restauration des oeuvres d'art, Ségolène Bergeon Langle, a décidé de prendre la parole dans le Journal des arts de vendredi. "Pour moi, le principe de précaution n'a pas été respecté. Il faut se rendre à l'évidence, il y a moins de modelé dans le visage de la Vierge. Le nettoyage aurait dû aller moins loin", estime Ségolène Bergeon Langle, conservateur général du patrimoine, dans cette publication spécialisée. Ségolène Bergeon Langle avait déjà marqué son désaccord vis-à-vis de la conduite de la restauration de ce chef-d'oeuvre de Léonard en démissionnant le 20 décembre du comité scientifique international constitué par le Louvre autour de la Sainte Anne. 
"Duretés non voulues"
Le Louvre s'est abstenu jusqu'à présent de tout commentaire sur les dernières déclarations de Ségolène Bergeon Langle. Jacques Franck, membre de cette commission consultative qui comptait une quinzaine de personnes, regrette lui aussi l'allègement des vernis "plus prononcé que prévu". "Dans le délicat visage de sainte Anne, l'intervention a fait resurgir des duretés non voulues par Léonard, car il aimait les modelés subtils", a-t-il déclaré. "Jusque-là, le vernis blond atténuait ces défauts visuellement, donnant aux carnations un aspect enveloppé et moelleux. En effet, les couleurs se transforment en vieillissant et trahissent les intentions des peintres", indique cet expert du Centre d'études vinciennes Armand Hammer à l'université de Californie (Los Angeles).
"Il a suffi d'enlever seulement quelques microns de vernis ancien (on est passé de 20 à 12 microns environ) pour que l'effet moelleux disparaisse dans cette zone. J'avais souhaité le maintien de 20 microns, mais je n'ai pas été écouté", poursuit Jacques Franck, qui a fait le choix de rester jusqu'au bout dans la commission. Un autre expert français, Jean-Pierre Cuzin, qui a dirigé le département des peintures du Louvre, avait quitté la commission dès l'automne, car il était mal à l'aise avec le principe du nettoyage.  
Restauration "prudente" ?
La restauration de la Sainte Anne a été menée par une restauratrice d'origine italienne, Cinzia Pasquali, assistée du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), dont les laboratoires et les ateliers se trouvent dans l'enceinte du palais du Louvre. Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre, a assuré ces derniers mois avoir mené une restauration "prudente". Il a indiqué avoir mis "le pied sur le frein" en permanence pour tempérer les ardeurs de certains membres anglais ou italiens de la commission.
De son côté, l'Association pour le respect de l'intégrité du patrimoine artistique (Aripa) critique "la thèse avancée dès 2009 par le C2RMF" selon laquelle la restauration de la Sainte Anne était rendue nécessaire par des micro-soulèvements de la couche picturale liés à la dégradation des vernis. "En fait, ce sont les mouvements du bois qui étaient responsables de ces micro-soulèvements", déclare Michel Favre-Félix, président de l'Aripa. "On a soigné la peinture pour une maladie qu'elle n'avait pas", estime-t-il.
e autour de la restauration de la Sainte Anne de Léonard de Vinci, qui semblait s'être apaisée, a recommencé avec les déclarations d'experts français affirmant que le Louvre était allé trop loin dans le nettoyage de ce chef-d'oeuvre. Fraîchement restaurée, La Vierge et l'enfant avec sainte Anne, peinture sur bois de la maturité de Léonard de Vinci (1452-1519), est présentée au public depuis un mois dans le cadre d'une exposition au Louvre. Jusqu'à présent, les commentaires étaient élogieux, les tenants d'une restauration plus modérée ne s'étant pas exprimés sur le résultat final.
Mais une spécialiste de la restauration des oeuvres d'art, Ségolène Bergeon Langle, a décidé de prendre la parole dans le Journal des arts de vendredi. "Pour moi, le principe de précaution n'a pas été respecté. Il faut se rendre à l'évidence, il y a moins de modelé dans le visage de la Vierge. Le nettoyage aurait dû aller moins loin", estime Ségolène Bergeon Langle, conservateur général du patrimoine, dans cette publication spécialisée. Ségolène Bergeon Langle avait déjà marqué son désaccord vis-à-vis de la conduite de la restauration de ce chef-d'oeuvre de Léonard en démissionnant le 20 décembre du comité scientifique international constitué par le Louvre autour de la Sainte Anne.

"Duretés non voulues"

Le Louvre s'est abstenu jusqu'à présent de tout commentaire sur les dernières déclarations de Ségolène Bergeon Langle. Jacques Franck, membre de cette commission consultative qui comptait une quinzaine de personnes, regrette lui aussi l'allègement des vernis "plus prononcé que prévu". "Dans le délicat visage de sainte Anne, l'intervention a fait resurgir des duretés non voulues par Léonard, car il aimait les modelés subtils", a-t-il déclaré. "Jusque-là, le vernis blond atténuait ces défauts visuellement, donnant aux carnations un aspect enveloppé et moelleux. En effet, les couleurs se transforment en vieillissant et trahissent les intentions des peintres", indique cet expert du Centre d'études vinciennes Armand Hammer à l'université de Californie (Los Angeles).
"Il a suffi d'enlever seulement quelques microns de vernis ancien (on est passé de 20 à 12 microns environ) pour que l'effet moelleux disparaisse dans cette zone. J'avais souhaité le maintien de 20 microns, mais je n'ai pas été écouté", poursuit Jacques Franck, qui a fait le choix de rester jusqu'au bout dans la commission. Un autre expert français, Jean-Pierre Cuzin, qui a dirigé le département des peintures du Louvre, avait quitté la commission dès l'automne, car il était mal à l'aise avec le principe du nettoyage.  
Restauration "prudente" ?
La restauration de la Sainte Anne a été menée par une restauratrice d'origine italienne, Cinzia Pasquali, assistée du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), dont les laboratoires et les ateliers se trouvent dans l'enceinte du palais du Louvre. Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre, a assuré ces derniers mois avoir mené une restauration "prudente". Il a indiqué avoir mis "le pied sur le frein" en permanence pour tempérer les ardeurs de certains membres anglais ou italiens de la commission.
De son côté, l'Association pour le respect de l'intégrité du patrimoine artistique (Aripa) critique "la thèse avancée dès 2009 par le C2RMF" selon laquelle la restauration de la Sainte Anne était rendue nécessaire par des micro-soulèvements de la couche picturale liés à la dégradation des vernis. "En fait, ce sont les mouvements du bois qui étaient responsables de ces micro-soulèvements", déclare Michel Favre-Félix, président de l'Aripa. "On a soigné la peinture pour une maladie qu'elle n'avait pas", estime-t-il.
par: afp

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