20.4.12

Un nouveau palais de Tokyo pour la Triennale d'art contemporain 2012



Vincent Ganivet: Ronds de fumée. © Photo André Morin




Le palais de Tokyo a fait sauter plafonds et cloisons pour s' agrandir et gagner en lumière. Il présente pour la troisième fois du 20 avril au 26 août 2012 la Triennale d'art contemporain sous le titre: "Intense proximité". Ambiance béton et découvertes.


Ce jour là est un événement: réouverture du Palais de Tokyo et, troisième édition  de la Triennale d’art contemporain (autrefois "La force de l’art"). Les journalistes sont nombreux et viennent du monde entier. Je me glisse dans le goupe. Première surprise, on nous invite à traverser l' avenue pour se rendre en face au musée Galliera. L'artiste ghanéen qui vit au Nigéria, El Anutsui a recouvert toute la façade de petites plaques de tôles perforées et de pléxis argentés dans lesquels se reflète le ciel. 

El Anatsui: sculpture pour le musée Galliera, musée de la mode de la ville de Paris © Photo Thierry Hay
De loin les plaques de fer ressemblent à des pierres et l’ensemble est très réussi. C'est un jeu avec le temps, des matériaux modernes pour une impression ancienne. 
El Anatsui: sculpture pour le musée Galliera (détail) © Photo Thierry Hay  
 Le moment tant attendu arrive enfin: je pénètre dans le palais de Tokyo transformé par les architectes Anne Lacaton et Jean Philippe Vassal. Ils ont ouverts de très nombreux puits de lumières et abattus quelques cloisons. L’ensemble oscille entre le troisième étage d’ un parking sous terrain parisien et une cathédrale en béton d’Amérique latine. C’est un Palais en cours de construction ou de destruction: difficile à dire... Les plafonds sont laissés volontairement bruts et de nombreux grillages ont pris place. Cela donne un petit côté berlinois très tendance. La Triennale 2012 a un titre: «Intense Proximité » et un but: emmener le visiteur vers des territoires inconnus et montrer que les artistes sont capables d'inventer un nouveau langage universel. L’ architecture peut laisser perplexe mais elle colle bien au sujet. L' ensemble est présidé par un homme: Jean Loisy. La matrice rouge d' Anish kappor au Grand Palais: c 'était lui, l'exposition "Traces du sacré" au centre Pompidou: encore lui. Mais je poursuis ma visite. Je suis accueilli par une oeuvre monumentale de Peter Buggenhout: une immense structure de métal et de poussière. 
Peter Buggenhout: "The Blind Leading the Blind". Vue rapprochée. . © Photo André Morin
 Elle apparaît comme le gardien de la porte du Palais de Tokyo ou comme un totem chargé de spiritualité. 
Peter Buggenhout: "The Blind Leading the Blind". © Photo André Morin.
  En fait, j’ apprends que cette sculpture représente le poids de l’obscurité de l’art. Bon…Je continue en passant devant une toile très colorée de Michael Buthe. Influencée par l’art floral japonais, une artiste française, Camille Henrot propose un travail à partir de fleurs accompagné d’un discours intellectuel littéraire. Je me trouve face à deux grandes feuilles entourées d’ un fil de télévision. L’écologie et la communication réunies avec au passage un zeste de surréalisme Bretonien?. Une nouvelle version du "dites le avec des fleurs". Entre deux colonnes de béton je jette un coup d’ œil aux dessins colorés sur fond de cartes géographiques du croate Zdenek Kosek. 
Zdenek Kosek: "Je suis le cerveau de l'univers" © Photo Aurélien Mole.
 Un autre artiste,Terry Adkins, propose lui aussi sur fond de cartes de belles photos. Toute l’ exposition tourne autour des notions de territoires inconnus à découvrir, à construire. L’ artiste s’ est mué en bâtisseur ou en anthropologue. Et ce n' est pas un hasard si quelques  photos de Claude Levy Strauss et Pierre Verger sont présentes dans cette exposition. Julien Salaud, lui, invente même sa grotte de Lascaux personnelle. Cet artiste remarqué à l' exposition"Jeune création de Montrouge"enfonce des clous dans des animaux empaillées avant de tirer un fil de coton blanc entre chaque clou. Après quoi, il éclaire le tout d’une lumière bleue et l’ effet est garanti 
Julien Salaud: Grotte stellaire. © Photo André Morin.
 Je remarque qu'il Il y a un côté mystique dans beaucoup d’œuvres. Je passe devant des palettes sur lesquelles un créateur a posé des objets quotidiens comme sur un autel. Comme si il voulait nous dire: regardez bien ces objets, c’ est peut-être tout ce qu’ il restera...Cécile Beau cherche nos racines et nous sensibilise à la présence des végétaux avec cet arbre étrange 
Cécile Beau: "Subfaciem" © Photo Aurélien Mole.
 Le sous sol du palais de Tokyo, autrefois salle de cinéma, a été transformé en nouveaux espaces d’ expositions. Je passe devant une salle de musique avec plusieurs pianos et me retrouve face à l’œuvre de Ulla van Brandeburg: un bel ensemble de couleurs dans un espace courbe inspiré par les pistes de skate.
Ulla van Brandeburg: "Death of king" © Photo André Morin.
Ulla van Brandeburg: "Death of King" (détail). © Photo André Morin.
 Plus petits, mais même forme, les petits poids sur partitions de musique de Maxime Rossi. La musique prend des couleurs. 
Maxime Rossi: "Mynah Dilemma" © Photo Aurélien Mole
 Dans une pièce entière, Annette Messager a placée sur le sol des ventilateurs qui font voler tissus et poupées de chiffons comme des pantins désarticulés. Nous ?...Plus loin, Ellen Gallager expose quelques aquarelles sur papier perforé assez fascinantes. 
Palais de Tokyo: Triennale d' art contemporain: vue générale de la salle Ellen Gallager. © photo Thierry Hay
 Avant de partir je remarque sur le sol quelques bouteilles de gaz dans lesquelles l’ artiste Bahloul S’Himi a découpé des cartes du monde: allusion à la menace terroriste ou à la fragilité énergétique de beaucoup de pays?... Je quitte les territoires inconnus de la cathédrale de béton. Grâce au commissaire de l’expostion, enseignant et directeur de la Haus der Kunst de Munich, Okwui Enwezor, mon imagination a travaillée. Un chantier d’art ou l’art en chantier? Peut-être les deux. Il y a dans ce lieu et dans cette Triennale, un petit air de fin du monde, qui ne laisse pas indifférent. J’aurais voulu vous montrer d’ autres photos d’ autres artistes mais le droit à l’ image en matière artistique est devenu si complexe et si absurde que je ne peux pas. Je ne peux que vous dire: allez y même si je suis sûr que cette exposition ne séduira pas tout le monde. Mais quand vous serez sur place, rappelez vous que Picasso disait que" l’art doit être sauvage", ce que le commissaire de l’ exposition Jean Loisy reprend avec cette formule: « L' art est venimeux ». Mais le culte du surprenant et du provocateur peut aussi, parfois, conduire à pas grand-chose. Heureusement, les exemples ne sont pas nombreux. Je demande pourquoi ce titre: Intense proximité? Il soulignerait que sur  fond de mondialisation , avec le spectre de replis identitaires, des artistes de toutes origines et de toutes disciplines partagent un imaginaire culturel commun."L'art comme réseau, héritage de la pensée des Lumières" précise Okwui Enwezor. Il fait nuit, le palais de Tokyo offre aux passants le spectacle de ses fenêtres très BD peintes par Christian Marclay. 
Christian Marclay: Seven windows (détail). © Photo André Morin.

Palais de Tokyo: 13 avenue du Président Wilson. 75116 Paris.
Tous les jours sauf le mardi de midi à minuit.
Entée: 8 euros.
http://www.palaisdetokyo.com/fr/expositions

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour vous aider à publier votre message, voici la marche à suivre:
1) écrivez votre texte dans le formulaire de saisie ci-dessus
2)Si vous avez un compte, identifiez-vous dans la liste déroulante Commentaire sinon veuillez saisir votre nom ou pseudo
3)Vous pouvez en cliquant sur le lien S'abonner par e-mail être assuré d'être avisé en cas d'une réponse
4)Cliquer sur Publier enfin.
Le message sera publié après modération voila c'est fait et un gros merci car vos mots m'encouragent à continuer l'aventure de ce blog

blogger