8.4.12

Vik Muniz ou l’art de l’illusion

 
Un voyage éclair pour revoir Avignon et son Palais des Papes sous les giboulées de printemps et ses arbres en fleurs mais surtout pour découvrir les réalisations bluffantes du plasticien brésilien Vik Muniz.  Un coup de coeur total.

Certains l’ont appelé sculpteur d’images et je trouve que cela lui va bien. Car c’est un véritable virtuose lorsqu’il photographie  ces installations géantes pour en faire des tirages sur papier glacé. Il  s’inspire des plus grands chefs d’oeuvre de l’histoire de l’art et les reproduit avec différentes substances comme du sucre, du chocolat chaud ou des perles de caviar ou des matériaux divers comme des jouets, des déchirures de journaux ou des détritus.
Avec ces compositions éphémères on peut admirer et déguster  la Joconde de Vinci saveur  beurre de cacahuète. Avec des confettis de magazine il recrée  les couleurs des nymphéas de Monet. Avec du sang artificiel il réinterprète  la Marilyn du roi du Pop Art. Il s’amuse à coller des petits carrés de couleur pour pixelliser les toiles de Rothko. Il utilise des morceaux de puzzle pour reproduire   »les demoiselles d’Avignon » mon tableau préféré de Picasso  et  dessine  l’actrice la plus glamour du cinéma dans une multitude de diamants.

J‘ai été élevé dans une favela aux alentours de Sao Paulo et la première fois que mes parents sont entré dans une galerie c’était pour une de mes expos dit il .  Muniz n’oublie pas ses origines et on commence l’expo en regardant  Waste Land, un documentaire sur un de ces projets artistiques, véritable projet social, où on voit l’artiste travailler avec des ramasseurs de déchets sur la plus grande décharge de Rio. Il va ainsi composer avec leur collaboration des portraits gigantesques avec des bouteilles en plastiques et  ordures diverses  et les photos seront vendues aux enchères et l’argent récolté servira à améliorer la vie culturelle des trieurs.

Enfin en hommage à la provence et à son célèbre peintre Van Gogh qui a su faire chanter ses couleurs il compose dans le cadre d’une belle église proche du musée deux fresques.  Ces compositions à voir du haut d’une passerelle sont réalisées par l’artiste en collaboration avec des enfants et des étudiants en utilisant cette fois des branchages, des herbes et des milliers de fleurs séchées, ajoutant  cette fois les flagrances des aromates au plaisir des yeux.

Toutes ces compositions sont d’une telle originalité qu’elles renouvellent  l’oeuvre initiale et ainsi notre regard redécouvre  la beauté des grands classiques posant du coup la question de la face  cachée des photos et on se surprend à méditer sur  leur mystère et leurs mensonges et aussi l’illusion de la vie.

En art, l’artiste ne fait jamais que la moitié du travail, le spectateur fait le reste  (Vik Muniz)
par:http://akaba2007.unblog.fr

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