4.5.12

Miller brut

Les toiles couvertes de mots et de chiffres de Dan Miller sont exposées pour la première fois dans une galerie parisienne, chez Christian Berst.

Dan Miller souffre d’autisme profond, et est aussi sujet à des crises d’épilepsie. Il est donc coiffé quasi en permanence d’un casque de cycliste ! Ce qui ne l’empêche pas de réaliser une œuvre saisissante. Et cela n’a pas échappé aux collectionneurs, il est l’un des premiers artistes de l’art brut américain à avoir intégré (en 2008) les collections publiques du célèbre musée new yorkais, le MOMA.
Né en Californie en 1961, il est pensionnaire depuis 1988 du Creative Growth Art Center d’Oakland, qui offre un programme artistique aux personnes handicapées. Dan Miller écrit et dessine à l’encre et à l’acrylique sur papier, d’un format de plus en plus grand. Son travail est exposé pour la première fois dans une galerie parisienne, chez Christian Berst (3-5 passage des gravilliers, Paris IIIe). Toutefois, on avait pu entrevoir une partie de son œuvre au Salon du dessin d’art contemporain : à la galerie du Creative Growth et déjà chez Berst.
Depuis son enfance, il s’exprime uniquement à travers ses dessins couverts de mots, de chiffres et de signes. C’est son langage à lui. Son travail peut s’apparenter à celui de Pollock, de Twombly ou encore du graffeur Jonone, qui tout comme lui, peut répéter indéfiniment le même mot sur la toile. Son œuvre d’abord graphique évoque bien sûr celle de Twombly, à la différence près que le «dessein» de Miller n’est pas de déconstruire volontairement les formes du langage mais plutôt d’accéder au langage et à l’expression, comme l’explique Richard Leeman, spécialiste de Twombly, dans le catalogue.
Les 29 dessins exposés à la galerie Berst, donnent vraiment un aperçu de son travail. De manière obsessionnelle il superpose des mots au milieu de taches parfois de couleurs, sacrifiant ainsi toute lisibilité. Il gribouille aussi, au stylo, des lignes qui s’entremêlent, qui se chevauchent, qui finissent parfois par noircir presque totalement la surface du papier. Sur d’autres, il laisse libre des zones blanches. Des mots reviennent aussi de façon obsessionnelle, le toit d’une maison – «roof» –, une ampoule électrique – «lightbulb» – etc. Au final, «les travaux de Miller transcendent les clivages brut/contemporain», souligne le galeriste Christian Berst.
Par DOMINIQUE POIRET

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