18.9.12

Hollande au Louvre: un plaidoyer pour l'Islam

Le président de la République a inauguré mardi matin les espaces du Louvre créés sous la cour Visconti par le duo d'architectes Ricciotti-Bellini. Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

Visitant les nouveaux espaces du Louvre dédiés aux arts arabo-andalous, mamelouks, ottomans et persans, le président de la République s'est insurgé contre «le fanatisme qui se réclame de l'Islam».

«L'honneur des civilisations islamiques est d'être plus anciennes, plus vivantes et plus tolérantes que certains de ceux qui prétendent abusivement aujourd'hui parler en leur nom. Il est l'exact contraire de l'obscurantisme qui anéantit les principes et détruit les valeurs de l'Islam en portant la violence et la haine.» Avant de visiter, mardi matin les nouveaux espaces du Louvre dédiés aux collections arabo-andalouses, mameloukes, ottomanes et persanes du musée, le président de la République s'est livré à un vibrant plaidoyer pour ces cultures. Alors qu'un film anti-islam réalisé aux États-Unis provoque depuis plusieurs jours une vague d'indignation et de violences anti-Occident dans le monde musulman, et qu'à deux pas du Louvre, entre 200 et 250 personnes avaient pris part samedi à une manifestation illégale ciblant l'ambassade américaine, François Hollande a soutenu que «les meilleures armes pour lutter contre le fanatisme qui se réclame de l'islam se trouvent dans l'Islam lui-même».
Il en a tenu pour preuve les 3000 objets qui seront accessibles au public à partir de samedi, dans 3000 m² créés par Ricciotti-Bellini, aile Denon, sous la cour Visconti. Disposés dans vitrines thématiques et chronologiques ils embrassent douze siècles (du VIIe au XVIIIe) et concernent une zone géographique immense, de l'Espagne à l'Inde.
Dans cet écrin de béton noir surmonté d'une spectaculaire verrière mordorée, le président s'est notamment arrêté devant une boîte en ivoire, la pyxide d'al-Mughira. Elle a été ciselée en Espagne, en 968. Elle n'est haute que de sept centimètres et est ornée de 69 personnages. Ainsi a-t-il noté «dans l'Islam les inspirations interprètent de façons diverses l'interdit de la représentation». Dans la même vitrine, il a également admiré une aiguière en cristal de roche réalisée en Égypte au XIe siècle et incluse dans le trésor de Saint-Denis dès 1152, ainsi qu'un paon en bronze de 972 où figurent côte-à-côte des inscriptions en latin et en arabe. «Voilà qui nous rappelle que les civilisations ne sont pas des blocs qui s'ignoreraient ou se heurteraient. Elles progressent par leur rencontre, par leur dialogue.»
Entouré de mécènes
Dans l'espace inférieur il s'est arrêté devant le Baptistère de Saint-Louis, «une création mamelouke qui a servi pendant des siècles aux baptêmes des enfants royaux de France». «Ainsi des monarques de droit divin ont baigné dans des œuvres islamiques et nous ne le savions pas! Ce chef-d'œuvre témoigne, lui aussi, de cette origine parfois commune entre l'Europe chrétienne et les cultures de l'Islam.» Comme toutes les autres pièces du département des arts de l'Islam, il a fait l'objet d'une restauration. Le président s'en est félicité. Sensible au patrimoine, il avait martelé quelques instants plus tôt, au pied de la Victoire de Samothrace que «partout dans le monde, quand le patrimoine est saccagé, nous serons là». Notamment «pour lutter contre les groupes mus par l'insondable bêtise qui rend chaque civilisation vulnérable. Je pense aux destructions récentes des mausolées de Tombouctou».
Lors de la visite, effectuée après celle de Jacques Chirac (dimanche) et avant celle de Jean-Marc Ayrault (dans la soirée), il était accompagné de sa compagne Valérie Trierweiler, d'Henri Loyrette le président du Louvre, de Sophie Makariou en charge du Département, de plusieurs ministres dont celui de la Culture Aurélie Filippetti et de certains des prédécesseurs de cette dernière, Jack Lang, Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres et Christine Albanel.
François Hollande était également entouré de mécènes tels le prince saoudien al-Walid ben Talal (17 M€) et le président azerbaïdjanais Illham Aliev. L'émir du Koweït et le sultan d'Oman étaient représentés. Tout comme le roi Mohammed VI du Maroc qui a apporté 15 M€. Le nouvel équipement a coûté à 100 millions d'euros. Il n'a été financé qu'à 57% par la France. Trois groupes français, la fondation Total (6 M€), Lafarge (4,5 M€) et Bouygues Construction (1 M€), se sont également engagés. «Le Louvre, musée universel, n'a ni frontières ni limites. Sauf peut être financières», a conclu François Hollande. Une manière de prévenir Henri Loyrette et ses équipes que, malgré leurs efforts, ils doivent s'attendre à des restrictions. Dehors, aux Tuileries, la CGT culture manifestait.

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