21.9.12

Street Art à Paris: Les bouilles des Halles.

El Nino de las Pinturas: Portrait de Jean Noël Julien. 2012. © DR

Huit héros anonymes du quartier des Halles à Paris on été choisis par les habitants et peints par de jeunes street artistes internationaux. Une façon de souligner l' importance du dialogue entre générations et de raconter l' hisitoire du quartier. 

quand j’arrive devant l’église Saint Eustache dans les Halles, des employés sont en train d’accrocher sur la façade le portrait peint de Michel Theraud , un ancien SDF devenu jardinier de la ville de Paris et bénévole à la soupe populaire devant Saint Eustache. Pourquoi Michel Theraud  est-il passé de l’ombre à la lumière ? 

Atma: portrait de Michel Theraud. 2012. © DR

 Il a été choisi par son quartier: il est un des huit « êtres aimés ». En fait, c’est toute une histoire, une belle histoire. A l’ origine une expérience mené au Mexique par l’association Nobulo et reprise aujourd’hui par le dandy médiatique Emmanuel de Brantes via son association « Tous pour l’art ». Il est devant moi, droit comme un i majuscule, chaussé de jolis mocassins dont le motif évoque une vache. Il m’explique tout et le discours est bien huilé. D’abord, par voix d’affiche et orale, on a demandé aux habitants du premier arrondissement de choisir un des leurs qu’ils aimaient bien. Cette liste a été soumise à des jeunes artistes spécialisés dans le portrait et le grand format, plus ou moins dans la mouvance du graffiti. Chaque artiste a fait un choix. Michel Theraud a été choisi par Atma, né à Bordeaux en 1979 et qui a travaillé dans les souterrains de la gare de Waterloo à Londres. Son portrait de Michel Theraud est classique mais il fait ressortir la force d’un homme hors du commun: orphelin, ancien légionnaire qui ramassait les morts au Ruanda, ex-alcoolique et ex SDF. Dans la rue tous les gens le saluent, ça ne devrait pas s’arrêter car son portrait devrait rester jusqu’au mi décembre. 

Atma et Michel Theraud devant son portrait. 2012. © DR

 Ces portraits «d’êtres aimés, les bouilles des halles » sont répartis sur un circuit qui va des Halles à la Comédie Française en passant par la mairie du premier arrondissement où devrait s’afficher le portrait de madame Chaleyat, féministe de la première heure et militante dans un parti politique écolo. C’est aussi une réalisation d' Atma mais là, il s’est lâché un peu plus en osant les rayures et en soulignant l’œil vif du personnage. 

Atma: portrait de madame Chaleyat. 2012. © DR

 Dans une petite rue derrière la Samaritaine, je tombe nez à nez avec l’artiste Macs qui photographie son œuvre: le portrait de Jack Kuzma, le libraire né en 1967 à Cracovie et arrivé en France à l’âge de 14 ans. Macs à insisté sur son regard dans un style proche de la caricature. 

Macs photographiant son portrait de monsieur Jack Kuzma. 2012. © Photo Thierry Hay
Macs: portrait de Jack Kuzma. 2012. © DR
El Nino de las Pinturas: Portrait de Jean Noël Julien. 2012. © DR
Originaire de Suisse, ce peintre énergique a participé à de nombreuses expositions internationales. Il a réalisé aussi un autre portrait à la porte Lescot, mais beaucoup moins bon à mon avis, je passe. Le boulanger aussi a une bonne tête, il s’appelle Jean Noël Julien et gère trois boulangeries. C’est El Nino de las Pinturas qui a dessiné le roi de la baguette locale, aimé des autres. Cet artiste espagnole est le plus graffiste de tous et à mon avis le plus intéressant. Sa technique et son style personnel lui ont ouvert les portes de nombreuses expositions en France, Allemagne, Italie, Argentine, Mexique .Son portrait du boulanger propose un joli jeu de couleurs chaudes et une succession dynamique de calligraphies. .
 Je vais à la rencontre d' un autre travail d' El Nino: le portrait d' un réceptionniste d' hôtel: Majij Hejaj, un marocain arrivé à Paris en 2003. Je suis frappé par la vivacité du regard.
El Nino de las Pinturas: portrait de Majid Hejaj ( détail). 2012. © DR
 L'artiste Axel Void est né en 1986 à Miami d’une mère haïtienne et d’un père espagnole. Il a eu une très bonne idée: peindre monsieur Loucheben , le boucher, en noir et blanc et dans une sobriété inhabituel pour un portrait de boucher.
Axel Void: portrait de monsieur Loucheben. 2012. © DR
 Mais Axel Void a aussi réussi à faire entrer Elsa à la Comédie Française ou plutôt sur la palissade des travaux qui entoure la Comédie Française, ce qui va permettre à Elsa de rester jusqu’à la fin des travaux en février.
Axel Void en train de peindre le "portrait d' Elsa". 2012. © DR
 L’artiste a peint une main qui touche un bébé avec ce mot: « unconditional », comprendre : un amour inconditionnel.
Axel Void: portrait d' Elsa. 2012. © DR
 Il y a aussi Edwina qui tient la maroquinerie de luxe et d' autres... Tous ces inconnus sont devenus des « héros », choisis par les habitants du quartier et la rencontre entre ces anonymes méritants et les artistes qui ont choisi, eux, de les peindre, apporte une petite émotion à certaines œuvres. Mais je me pose une question: Fait-on de l’Art avec des bons sentiments ? En voilà une bonne question... Malgré tout le bien que je pense de ce projet, je suis bien obligé de dire que j’ai trouvé les réalisations artistiques assez inégales. Je vous laisse juge, des êtres aimés ça mérite quand même le détour.
 Publié par Thierry Hay dans A voir

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