21.9.12

Un artiste s'emmure pour sept jours à Marseille

Christian Poincheval, près de sa maison à Gesvres, le 2 mai 2011. - AFP

Adepte des performances artistiques surprenantes et parfois éprouvantes, le plasticien Abraham Poincheval s’est fait emmurer jeudi soir dans une capsule creusée sous une librairie-galerie d’art marseillaise, où il doit passer sept jours à lire et se filmer.
«Où se trouve-t-on quand on lit ?» Dans quelle dimension, dans quel espace-temps ? Telle est la question que soulève l’artiste.

Abraham Poincheval a embarqué pour cet étrange «voyage immobile» dans une capsule de 62 cm de diamètre et 1,70 m de profondeur. Avec une lampe frontale, de l’eau, des aliments lyophilisés et une caméra pour se filmer, mais aussi des livres sélectionnés par les libraires, dont Les saisons de la nuit de Colum McCann, La ballade de l’impossible de Haruki Murakami et Les jardins statuaires de Jacques Abeille.
Les images filmées sous terre sont diffusées sur les murs de la librairie-galerie d’art Histoire de l’oeil, qui héberge la performance. «J’aime jouer sur l’idée "je suis tout près et en même temps très loin", grâce à la distanciation créée par l’image vidéo», expliquait l’artiste jeudi soir avant de s’enfermer.

«604.800 secondes»

Dans ce trou creusé sous une véranda, fermé par un rocher d’une tonne bloquant la lumière du jour, il passera 604.800 secondes, titre de la performance, à quelques centimètres seulement des pieds des clients. Il y tient à peine debout et peut tout juste s’asseoir les jambes repliées. Grotte d’ermite, capsule de cosmonaute, ventre maternel : Abraham Poincheval ne manque pas de références pour exprimer la signification symbolique de ce lieu très spartiate.
Cette performance s’inscrit dans le cadre du «labo HO», un concours organisé pour la cinquième fois par la galerie, qui propose à des artistes contemporains de s’approprier l’espace. «Le concours pousse le bouchon un peu loin en offrant le lieu à une proposition radicale», explique Gilles Desplanques, son directeur. «C’est une responsabilité, mais on a choisi de l’assumer». Abraham Poincheval «ne fait pas cela à la légère, il part avec un téléphone portable», ajoute-t-il.
Le plasticien, qui réside à Marseille, n’en est pas à sa première performance mettant son corps à rude épreuve. En Espagne, il a passé 20 jours à creuser une galerie à 3 m de profondeur, en la rebouchant au fur et à mesure de son avancée, telle une taupe. Entre Digne et l’Italie, il a poussé sur de petites routes de montagne une capsule de 70 kg, dans laquelle il dormait, à mi-chemin entre le bousier et l’escargot. Il a aussi traversé la France en ligne droite, de Nantes à Metz, à l’aide d’une boussole, faisant fi des barrières et obstacles se dressant sur sa route.
Après 604.800 s, l’artiste délaissera le sous-sol pour le ciel en tentant d’aller «marcher sur la canopée nuageuse», suspendu au bout d’un filin depuis un hélicoptère.
(AFP)

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