18.9.12

Visite de mille ans d'histoire des arts de l'Islam au Louvre

Détail du Mur ottoman (Turquie, XVIe-XIXe siècles ) ou Mur du temps, reconstitué dans les salles du Louvre. Vue de la cimaise centrale. Crédits photo : © Musée du Louvredist. RMN /

 

Sous la verrière en tapis volant signée Ricciotti-Bellini, 3000 m² d'espaces nouveaux s'ouvrent samedi. Premiers pas dans un parcours aussi complexe que passionnant. 

Au Louvre, l'entrée en Orient s'effectue tout à fait logiquement par la pyramide. Et l'on se dit que, décidément, Peï s'est trouvé bien inspiré en prenant les formes de Gizeh pour symboliser la puissance et la beauté des civilisations. Dessous, les caravanes de visiteurs sont invitées à mettre le cap plein sud. Vers la Seine, vers l'eau. Direction aile Denon, cour Visconti. Difficile d'échapper à ces nouveaux espaces dégagés jusqu'à douze mètres sous le vieux palais. Car, si l'on file comme d'habitude vers La Joconde ou Le Sacre de Napoléon, les fenêtres du premier étage donnent désormais sur l'étonnante verrière de Rudy Ricciotti et Mario Bellini: un toit en forme de voile, de dunes ou de houle, lourd de 135 tonnes, supporté par huit piliers. Ils sont tellement fins qu'on ne les remarque pas. Pourtant, ils permettent à la structure de ne jamais prendre appui sur les belles façades XVIIe complétées au XIXe par l'architecte Visconti, et toutes restaurées pour l'occasion.Par temps clair, ces 2 350 triangles de verre, recouverts d'une résille métallique or clair dissimulant le réseau technique, laissent passer la lumière naturelle. Ils jettent des reflets irisés. Lorsqu'il pleut, l'ensemble se teinte de gris comme une peau de poisson. Lorsqu'il neige? Ce sera sans aucun doute encore plus impressionnant! On peut en rêver comme on rêve des hautes collines de Kashgar.

DES MOUCHARABIEHS DE VIDÉOS

Mais revenons à la caravane. Elle arrive par la gauche suivant un cheminement arrêté par ­Renaud Piérard. Il a voulu ce sol de dalles noires incrustées de copeaux de laiton. Noir de l'encre calligraphique, or de l'alchimie, des enluminures, et du soleil divin. Cette tonalité s'harmonise parfaitement avec les murs anthracite et la verrière.
Le conte en 3 000 objets débute par une renaissance. Au XIXe siècle, l'archéologie commence à révéler un Islam foisonnant et en reconstitue les marques de sa grandeur. On remarque d'abord les relevés aquarellés des mosaïques de la mosquée de Damas. Datant des années 1930, ils sont grandeur nature et, pour la première fois, accrochés ensemble sur un même mur. À leur pied, un ensemble de stèles du Caire et surtout le riche matériel des fouilles de Suse, les Français ayant travaillé sur ce site du sud-ouest de l'Iran depuis 1885 et jusque ces dernières années.
Dans la partie droite de ce rez-de-chaussée, dans les premières vitrines assemblées par collage et rétroéclairées, disposées en biseaux irréguliers, la chronologie est expliquée. Les textes, écrans tactiles, moucharabiehs de vidéos et autres cartes animées qui les précèdent à chaque section ne sont pas de trop pour aider à la lecture des objets. Les replacer dans le temps et dans l'espace est une nécessité d'autant plus grande que le Département couvre trois continents et onze siècles d'histoire!
La moitié gauche, également occupée par des vitrines de tailles variées, est divisée en grands thèmes tels la calligraphie, rôle de la représentation dans l'Islam, celui de la géométrie, etc. Ce rez-de-chaussée, couvrant les début de l'Islam et son expansion fulgurante, s'arrête vers l'an 1000. Il inclut, entre autres merveilles, la pyxide d'al-Mughira et l'aiguière du trésor de Saint-Denis.
Vue aérienne de la verrière du département rénové des arts de l'Islam, cour Visconti. Crédits photo : © 2012 Musée du Louvre / Antoine Mongodin
Lion de Monzon (Espagne, XIIe-XIIIe siècle). Crédits photo : © Musée du Louvredist. RMN / Hughes Dubois

 

Au fond, un escalier permet de descendre au niveau principal. Lequel est divisé en trois grandes séquences (1000-1250, jusqu'en 1500, puis du XVIe au début du XIXe). Attention: il est ouvert. On ­risque facilement de s'y perdre. Le cheminement serpente. Il n'est pas évident. Il faut tourner à gauche et prendre sous l'escalier si l'on veut respecter le déroulement chronologique, et ne pas confondre l'Islam des Omeyyades (de Damas puis de ­Cordoue), celui des Fatimides (Le Caire) ou encore celui des Abbassides (Bagdad). Après la vitrine des manuscrits, on traverse la muraille de la galerie Daru pour entrer dans un autre nouvel espace où se trouve le Lion de Monzón, un bronze chef-d'œuvre de l'Espagne mauresque. Suivent d'autres trésors emblématiques des arrivées de peuples dominateurs. Ils sont originaires d'Asie centrale à l'est ou du sud Maghreb à l'ouest.
Passé le célèbre Baptistère de Saint Louis, on revient en passant sous un porche mamlouk reconstitué. Et l'on repère les empires dits modernes - l'ottoman, le safavide et le moghol - par leurs tapis disposés sur des podiums légèrement inclinés. Cette collection est aussi spectaculaire que belle. Enfin, avant une rotonde multimédia, un mur de céramiques ottomanes synthétise différents styles. Il fait écho à des mosaïques voisines bien antérieures: celles de l'Orient méditerranéen dans l'Empire romain.
Musée du Louvre (Ier arrondissement), 01 40 20 53 17, de 9h à 18h sauf mardi (21 h 45 mercredi et vendredi).

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